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Antoine Kombouaré estime logique la colère des supporters parisiens. (Reuters)
Antoine Kombouaré estime logique la colère des supporters parisiens. (Reuters)

Kombouaré: "Ne pas lâcher les joueurs"

08/02/2010 à 16h36 - PSG

Humilié samedi sur sa pelouse par Lorient (0-3), le Paris Saint-Germain se déplace mardi soir à Vesoul, à 20h45, pour le compte des huitièmes de finale de la Coupe de France. S'il a reconnu en conférence de presse que le contexte actuel est difficile, Antoine Kombouaré, le technicien parisien, a tenu à souligner qu'il y a aussi du bon dans le jeu francilien. Et surtout, qu'il faut aider les joueurs à repartir de l'avant. Même s'il avoue involontairement ne pas vraiment savoir comment s'y prendre...

Football.fr: Antoine, après la débâcle de samedi soir face à Lorient, avez-vous pensé à abandonner ?
Antoine Kombouaré: (Enervé) Je ne vais pas toujours me répéter. Je me bagarre jusqu'au bout. Je suis un battant. Je dois le montrer à mes joueurs et à mon groupe. C'est un état d'esprit à avoir. Je sais que c'est difficile, mais quand on est entraîneur, on est amené à vivre ces situations. Ce métier est cruel car on n'est jugé que sur les résultats et le classement. Contre Monaco, on a surtout appris qu'il fallait être efficace. A Lyon, pareil. Mais j'ai vu une belle équipe du PSG. Et puis contre Lorient, on fait 20 minutes de très bonne facture et on marque même un but tout à fait valable. Le premier but nous a fait mal, comme un coup de poing dans la figure. On était KO. Et puis il y a eu 12 minutes qu'on a passées dans les cordes. On se prend deux autres buts. En seconde période, on a fait ce qu'on a pu avec un public qui était contre nous - et c'est normal -. Les joueurs n'ont pas lâché. On joue surtout de malchance.

On sent que l'équipe a quand même un mental défaillant...
(Il coupe) Mais c'est ça qui m'embête. On doit travailler ce point-là. Ça arrive d'être mené 1-0, mais il faut continuer à aller de l'avant, à se battre. Il ne faut pas lâcher les joueurs. De temps en temps, il faut soit gueuler, soit taper du poing sur la table, soit les encourager. Aujourd'hui, ils ont besoin d'être aidés et encouragés. Il faut rechercher des points positifs dans les matches perdus. Face à Lorient, on est passé à côté au niveau du résultat. Mais sur les 20 premières minutes, non, je n'accepte pas qu'on les critique. Après, le mécontentement des supporters est logique. Mais quand on joue bien, il faut aussi le souligner.

Est-ce qu'ils se sont parlés après le match ?

Ils sont rentrés chez eux, on n'a pas eu entraînement. Ce lundi, on se retrouvait seulement. Mais je pense qu'ils s'appellent, qu'ils se parlent. Ce sont surtout les joueurs qui jouent qui sont touchés. Mais les remplaçants aussi. Des jeunes comme Granddi Ngoyi ou Younousse Sankharé sont aussi très déçus mais tout de même moins touchés parce qu'ils ne jouent pas.

"Il faut parfois être dur"

Le président Leproux parlait de faire le tri pour sanctionner les joueurs qui ne se sentent pas concernés par le projet...
(Il coupe) Je ne commente pas les propos du président. Mais dans tous les groupes, il y a des joueurs très costauds et d'autres plus en difficulté. C'est normal. La nature humaine est ainsi faite, on est tous différent face à l'adversité. Il faut faire appel à l'orgueil, la rage, l'envie de repartir de l'avant.

Sentez-vous le besoin de faire appel à un coach pour améliorer le mental des joueurs ?
Non. On a déjà beaucoup de monde dans le staff. Que ce soit les médecins, les kinés, les adjoints... tout le monde joue un rôle important.

Avec du recul, regrettez-vous vos propos assez durs de la semaine dernière ? (Il avait parlé de quelques joueurs "tire-au-flanc", ndlr)
(Enervé) Je n'ai pas à regretter car mes propos n'ont pas été retranscrits dans leur totalité. Alors, c'est quoi les propos ?

On a tous retenu l'expression...
(Il coupe) Bah oui, voilà, vous avez retenu que ce que vous aviez envie de retenir. (Il reprend son calme) J'ai dit que, quand on est quinzième, certains ne sont pas au niveau. Ce qui est normal.

Vous venez de dire qu'il faut surtout les encourager. Mais n'est-ce pas les décourager de dire que certains n'ont pas le niveau ?
Oui, mais... il faut de tout. Dire ce qui va, ce qui ne va pas. Être dur parfois, les encourager, être auprès d'eux. Quand ils sont quinzièmes, est-ce que je dis qu'ils sont bons ?

Mais n'avez-vous pas l'impression que votre coup de gueule a été inutile ?
Oui, mais il faut tout essayer. Le management, c'est ça.

"Vesoul sait qu'on est en difficulté"

Après Vesoul, vous irez à Nancy. Deux matches dans l'Est alors que vous êtes à l'ouest, ça ne vous fait pas peur ?
(Il siffle) Il est tout en jeux de mots le garçon. On n'est pas en confiance, on est en difficulté. On vit une période difficile mais les matches s'enchaînent. C'est un avantage car cela ne nous laisse pas le temps de gamberger. C'est important de vite renouer avec la victoire pour retrouver la confiance.

Lequel des deux matches est le plus important ?
Vesoul. C'est le match qui vient en premier. Il sera très important de faire en sorte de renouer très vite avec la victoire.

Est-ce que même dans le contexte actuel, vous devez craindre une équipe de CFA ?
Tous les matches sont difficiles. Je ne pense pas qu'il est nécessaire de rappeler qu'il y a eu beaucoup de surprises au tour précédent. C'est un huitième de finale. Vesoul sait qu'on est en difficulté. On va devoir jouer sur un terrain synthétique. Même si on était bien placé au classement on ne ferait pas les beaux contre un adversaire qui sera très motivé à l'idée de jouer le PSG.

Une pelouse synthétique, qu'est-ce que ça change pour vous ?
Les appuis. Les rebonds aussi. Ce n'est pas évident. La surface est importante car elle peut être traumatisante. Certains n'ont jamais joué sur du synthétique. Il y a des risques de blessure plus importants. Est-ce que Vesoul sera avantagé ? Normalement oui, c'est leur pelouse habituelle. Il faudra essayer de garder le plus possible le ballon au sol. S'il pleut, la surface va être glissante. Le jeu va beaucoup plus vite. Mais au-delà du terrain, le plus important sera la motivation. On sait qu'en face, il y aura des morts de faim.

"Les supporters ont le droit d'être mécontents"

Un joueur comme Mateja Kezman peut-il être aligné ?
Il est encore juste, il n'a pas beaucoup joué ces deux derniers mois. Il a besoin de s'entraîner et de jouer plus souvent. Il a joué un match en CFA et a marqué un but.

N'est-ce pas difficile de s'entraîner dans un climat aussi peu serein, avec la colère des supporters ?
Oui, ça l'est. Mais on fait avec. Le plus important, c'est la sécurité des joueurs. On comprend le mécontentement des supporters. Ils ont le droit de manifester leur colère, même s'il y a des choses qu'il ne faut pas faire. Il faut toujours respecter les gens. Mais quand ils viennent gueuler, ça n'a jamais tué personne.

Sentez-vous que les joueurs ont encore confiance en vous ?
Il faut leur poser directement la question. Je ne m'inquiète pas car je vois ce qu'il se passe sur le terrain. Je vois que, tous les jours à l'entraînement, il y a un échange, un dialogue. Je pense que la confiance est là.

La Coupe devient-elle l'objectif principal du club pour cette saison ?
Si on regarde sur le long terme, ce serait bien de la remporter. Mais globalement, tous les matches seront aussi importants les uns que les autres. Ce serait bien de se qualifier, comme de briser cette spirale négative en championnat samedi face à Nancy.

Propos Recueillis Par William-Alexandre PROUST
De Football.fr, Au Parc Des Princes