![]() Dimanche soir, aux alentours du Parc, les forces de l'ordre auraient laissé faire... (Maxppp) |
Ce qu'il s'est passé au Parc...04/03/2010 à 13h50 - PSG |
Dimanche dernier, le clasico entre l'OM et le PSG a tourné au vinaigre, pour la formation francilienne sur le terrain (0-3), mais aussi et surtout aux abords du Parc des Princes, où la guerre intestine entre supporters des Rouge et Bleu a laissé un homme pour mort sur les trottoirs de la capitale. Pour les autorités publiques, le comportement de certains énergumènes est à l'origine des maux qui rongent le club, mais, pour les témoins des affrontements du week-end dernier, les forces de l'ordre présentes sur place n'ont rien fait pour éviter cela.
Comme pour tout événement tragique et confus, il y a la version officielle, celle du gouvernement, et la version réelle, qui diffère plus ou moins de la vérité. Lorsqu'une manifestation se tient, il n'est pas rare que les représentants de l'ordre public annonce un nombre de manifestants nettement inférieur à l'effectif réel, là où les organisateurs de cette contestation collective font l'inverse en annonçant des chiffres nettement supérieurs. Charge à celui qui reçoit l'information de trouver le juste milieu.
Pour Football.fr, les affrontements qui ont précédé la rencontre entre le PSG et l'OM, dimanche soir au Parc des Princes, s'ils n'ont été que trop réels, nécessitaient une approche plus directe des événements que la vision globale et réductrice proposée par les instances dirigeantes. La rédaction s'est posée la question de savoir comment plusieurs dizaines d'individus ont pu en découdre dans les rues de Paris sans que les centaines de CRS présents sur place n'aient leur mot à dire.
Des CRS présents mais impassibles?
Louis G., membre actif de la tribune Auteuil, a sa vérité, et, comme celle des forces de l'ordre, celle-ci doit être relayée. "Le clasico reste forcément un match à part. Et malgré les mauvais résultats du PSG, on se prend quand même à espérer. On attendait donc, avec mes potes, le match de dimanche face à Marseille avec beaucoup d'impatience. Mais ce qui s'est passé aux abords du stade aurait de quoi en dégoûter plus d'un et je peux comprendre le rejet de certains envers une situation qui n'a que trop duré", explique-t-il en préambule.
"Présent à la Porte de Saint-Cloud plus d'1h30 avant le match et alors qu'on a annoncé une présence policière massive, je constate déjà avec étonnement que ces CRS/gendarmes mobiles laissent un groupe composé d'au moins 150 membres déambuler dans les rues adjacentes en déversant leur haine de l'étranger, une sorte de "ratonnade", cette fois géante, comme j'en ai vu de trop nombreuses autour du Parc et en déplacement depuis 20 ans. Mais tout va se compliquer à l'arrivée devant Auteuil, avec la fin tragique que l'on connaît et le coma dans lequel est plongé Yann aujourd'hui. Au-delà des embrouilles Boulogne-Auteuil, la passivité des forces de l'ordre m'a grandement interpellé. On évoquait 1.500 policiers mais pas un n'a levé le petit doigt pour empêcher ce qui était finalement assez prévisible. Une grande partie des bagarres se sont même déroulées à quelques mètres de ces mêmes CRS, qui ne prenaient même pas la peine de prévenir les familles se dirigeant vers le lieu où ça pétait!"
Représailles en cascade?
Si cette version se révèle fondée, alors la situation serait plus grave que prévue puisque, en plus de la bêtises des supporters et de leur bagarres internes, l'apathie des fonctionnaires de police et autres gendarmes s'apparenterait alors à une forme de cautionnement, tout au moins d'acceptation des incidents qui ont mené un homme dans le coma à lutter contre la mort.
Et, pour Louis G., la situation risque de s'aggraver dans les semaines à venir: "Pour en revenir aux affrontements, qui ne sont pas forcément le fruit des dernières embrouilles, à Bordeaux ou Lille, mais plutôt d'une situation qui s'est peu à peu pourrie, le lynchage d'un homme ne pourra jamais être justifié. Mais il était certain que les agressions régulières d'Auteuil par Boulogne depuis de nombreuses années n'allaient pas rester éternellement impunies. Cette malheureuse escalade est regrettable et le point de non-retour semble désormais atteint et chacun va vouloir se venger. La cohabitation semble donc désormais impossible entre les deux clans, et l'avenir semble bien sombre. Nous sommes aujourd'hui désespérés car, et l'actionnaire principal en est le principal responsable, notre club se meurt à petit feu alors que l'union des supporters semble désormais un mirage...", estime-t-il.
Leproux, une bouteille à la mer
Mardi, Robin Leproux, le président du Paris Saint-Germain, a réclamé l'aide du gouvernement et de la justice pour faire disparaître les individus malveillants qui gangrènent le Parc des Princes depuis plusieurs années, mais comment le n°1 des Rouge et Bleu peut-il espérer être soutenu dans sa mission si les faits relatés par Louis G. s'avèrent exacts?
"Leproux, je ne l'aime pas beaucoup, mais là il voudrait que les choses changent. Malheureusement, il n'y arrivera pas avec la police... Je suis abonné depuis une vingtaine d'années et ça a toujours été n'importe quoi avec les CRS. Bien souvent, après les matches, on les voit charger juste pour disperser une foule, même tranquille. Ils font ça sans aucune raison... J'ai vu des fois des promeneurs se prendre quelques coups de matraque juste parce qu'ils passaient par là. J'ai vu aussi des journalistes se faire rouer de coups avant qu'ils ne réussissent à sortir leur carte de presse... Et des histoires comme ça, il y a en des centaines, alors que quand ça a chauffé dimanche soir, là, il n'y avait plus personne".
Entre les versions des uns et des autres, difficile de se faire une idée précise de la blessure ouverte qui fait saigner le PSG depuis plusieurs années. Et dire que l'on parlerait sans doute pas de tout cela si les résultats de l'équipe première étaient bons. Pourtant, ces maux existeraient tout autant...

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