![]() Didier Ollé-Nicolle, vit sans doute ses derniers instants sur le banc niçois. (Maxppp) |
Ollé-Nicolle, pour combien de temps encore ?18/02/2010 à 08h30 - Nice |
Avec dix matches sans victoire en championnat, une élimination piteuse en Coupe France contre Plabennec (1-2), l'OGC Nice touche le fond en ce début d'année. Des supporters crachant sur les joueurs et envahissant le terrain de Monaco, Loïc Remy se retrouvant au coeur d'un imbroglio au sujet de son transfert et un entraineur qui parait lâché par sa direction, le club azuréen est en pleine crise. Dix-septièmes de Ligue 1, les Niçois ont de la chance d'évoluer dans le même championnat que Le Mans, Boulogne-sur-Mer et Grenoble.
Didier Ollé-Nicolle avait échappé au limogeage, à l'automne, à la faveur d'un succès probant contre Lyon (4-1). Cette fois, les choses se sont clairement compliquées. L'ancien entraineur de Clermont Foot vit certainement ses derniers jours sur le banc niçois. Dans un club où règne la cacophonie et auprès duquel le PSG et l'OM passeraient presque pour des endroits paisibles, "DON" devrait s'estimer heureux d'être sorti de cette galère. Peu auraient réussi avec une telle direction et de tels supporters.
Ollé-Nicolle coupable ?
Nice avait prévu de souffrir en janvier, lorsque huit membres de son effectif devaient partir disputer la Coupe d'Afrique des Nations. En effet, durant le premier mois de l'année, le Gym a perdu ses trois matches de championnat contre Montpellier (0-1), Auxerre (0-1) et Monaco (3-2) et surtout s'est fait piteusement éliminé par une équipe de National, Plabennec, en 32e de finale de la Coupe de France. Comme souvent dans ces cas-là, l'entraineur est celui qui est le premier mis sur la sellette. Hormis les traditionnels "Olé-Nicolle démission", entendus au Stade du Ray depuis plusieurs semaines, le plus surprenant est le discours des dirigeants du club qui n'hésitent pas à faire sentir à leur technicien qu'il est menacé.
Pourtant, celui-ci a souvent joué de malchance, notamment dans les défaites de janvier. Contre Montpellier et Auxerre, les Rouge et Noir, en plus de tomber sur deux équipes en pleine confiance, ont encaissé des buts dans les dernières minutes du match dont un but hors jeu contre les Bourguignons. L'entraîneur niçois a également dû faire face à des blessures, des suspensions, la CAN. Avec les renforts au mercato hivernal de Didier Digard et de Renato Civelli, c'est la première fois cette saison que l'ancien joueur d'Angers dispose de tout son effectif. Sous contrat jusqu'en juin 2011, Didier Ollé-Nicolle avait été désigné pour remplacer Frédéric Antonetti, en partance pour Rennes, afin d'incarner une certaine ambition dans le jeu et d'entrer dans de bonnes conditions dans le futur Grand Stade qui tarde à se faire livrer. "DON" a également ses torts comme le fait de recruter des joueurs comme Mickaël Poté, qui était avec lui en Auvergne, éprouvant des difficultés à s'adapter à la Ligue 1. Toujours est-il que désormais, la tête de l'homme de 48 ans est sur le billot.
Governatori: "Dernier joker"
L'OGC Nice est un club si perturbé qu'il ne faudrait pas oublier que l'entraineur actuel avait été désigné par l'ancienne direction menée par Maurice Cohen. Depuis, Gilbert Stellardo a remplacé ce dernier et se fait remarquer par des déclarations tapageuses. "L'OGCN n'intéresse pas la Ligue, on se dit qu'ils préfèrent certainement privilégier Saint-Etienne à Nice", avait déclaré le président azuréen après la défaite face à l'AJA. Pour cela, il a été épinglé par le Conseil National de l'Ethique à une peine d'un mois avec sursis de tout fonction officielle. Ce même dirigeant avait traité ses supporters des "sauvages" après l'envahissement de terrain à Monaco, le 31 janvier dernier. Avec des patrons comme lui et Patrick Governatori, le directeur général, il est difficile pour un entraîneur d'évoluer sereinement en ayant une épée de Damoclès au dessus de soi.
En effet, la rumeur d'un limogeage d'Ollé-Nicolle se faisant de plus en plus insistante, Patrick Governatori a du démentir tout contact avec d'autres techniciens comme Élie Baup ou Luis Fernandez, mais n'a pas hésité à prévenir le coach niçois de tout échec contre Lorient lors de la 24e journée de Ligue 1. "La seule chose qui est sûre, c'est qu'il sera sur le banc contre Lorient. Mais c'est son dernier joker. Il faudra gagner avec la manière, avec un projet de jeu. Si on l'emporte sur un penalty et qu'on est dominé tout le match, ça ne suffira pas... Jusqu'à présent, on a été tolérant. Mais s'il n'y a pas de changement radical... Désormais, on ne peut plus se cacher derrière le départ des Africains à la CAN. De notre côté, on a fait les efforts. Au mercato, aucun joueur n'est parti et on a recruté les deux éléments (Digard et Civelli, ndlr), que le coach voulait", a indiqué le dirigeants dans les colonnes de Nice Matin. Une victoire ne serait même pas suffisante, la manière aurait son rôle. Or si l'OGC Nice était réputé pour son beau football, il ne serait pas 17e. Aucune personne dans le club ne dispose de baguette magique pour redonner son efficacité à Rémy, révéler Anthony Mounier et réveiller toute équipe. On ne fait pas d'un âne un cheval de course. Heureusement pour les Niçois, avec six points d'avance sur la zone de relégation, les ânes manceaux, boulonnais et grenoblois sont plus lents qu'eux, mais attention à ne pas trop traîner.

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