![]() Les difficultés rencontrées par son équipe à domicile, laissent perplexe Pablo Correa, l'entraineur nancéien. (Maxppp) |
Nancy mieux chez les autres que chez lui ?02/03/2010 à 08h16 - Nancy |
L'AS Nancy-Lorraine a perdu ce week-end contre Grenoble (0-2) lors de la 26e journée de Ligue 1. Presque une habitude pour les spectateurs du stade Marcel-Picot, puisqu'il s'agit de la septième défaite à domicile pour le club lorrain. Intraitable sur sa pelouse ces dernières années, l'équipe de Pablo Correa y est méconnaissable cette saison, où elle affiche des statistiques de relégable. A l'inverse, le compteur est plus flatteur à l'extérieur avec cinq succès hors de ses bases.
Avec l'AS Nancy-Lorraine, il serait possible d'établir trois classements. Le global, et ceux des matches à domicile et à l'extérieur. Après vingt-six journées de Ligue 1, les Nancéiens sont quatorzième avec douze longueurs d'avance sur le premier relégable. Cet écart et la faiblesse générale des trois derniers devraient leur permettre de sauver leur place parmi l'élite. Cependant le contraste entre les matches à domicile et ceux à l'extérieur est saisissant. L'équipe lorraine semble plus à l'aise à l'extérieur qu'à la maison.
Correa: "Je n'ai pas d'explication"
Cette saison, l'ASNL a disputé 13 rencontres de championnat au stade Marcel-Picot et n'a été en mesure d'y prendre que quatorze points sur trente-neuf possibles pour un total de sept défaites concédées notamment devant Marseille, Saint-Étienne, Bordeaux, Rennes, Lille et Lyon. Certes, hormis Grenoble ce week-end, il s'agit de cadors du championnat comme l'OL, l'OM ou les Girondins mais ces dernières années, Nancy avait habitué ses supporters à ne pas voir leur équipe favorite chuter à domicile, même contre les grosses écuries.
Avec ces sept revers enregistrés à la maison, l'équipe de Pablo Correa version 2009-2010 est en passe de battre un record en la matière dans l'histoire quadragénaire du club du président Rousselot. N'oublions pas l'humiliation vécue à domicile en Coupe de France contre Plabennec (0-2). Lors des championnats 1983-84, 1991-92, 1996-97 et 1998-99, elle avait également atteint ce chiffre élevé qui aujourd'hui la place parmi les plus mauvaises formations à domicile de la Ligue 1 juste derrière Boulogne-sur-Mer et Grenoble.
Justement, Grenoble est la dernière déconvenue domestique des Lorrains. Après la rencontre de samedi dernier, l'entraineur de Nancy, Pablo Correa, toujours suspendu de banc de touche, était bien en peine d'expliquer les difficultés rencontrées à domicile par ses joueurs. "Après une défaite comme ça, c'est la déception qui domine. On n'a pas été à la hauteur. Je n'ai pas d'explications pour justifier le fait que ce soit de plus en en plus difficile à Picot. Je n'explique pas pourquoi les joueurs ne prennent pas de risques à Picot et en prennent à l'extérieur. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il existe un "syndrome Picot". Nous n'avons pas de problèmes avec le public. Au contraire, on se sent aidés et non freinés. Le problème est lié au jeu et à nos entames de match. Au début, ça va et à la moindre contrainte, tout est par terre", déplore l'Uruguayen. Le bouillonnant coach nancéien insiste sur les difficultés de jeu de son équipe. En effet, sa formation s'appuie sur des hommes vifs et rapides, habiles dans l'art de la contre-attaque mais qui peinent à produire du jeu.
Une équipe d'extérieur?
Le paradoxe à Nancy, c'est que ces éléments vifs se révèlent relativement performants hors de leurs bases alors que cela constituait le point faible du club lors des années précédentes. En treize matches loin de Marcel-Picot, Gennaro Bracigilano et sa bande ont remporté cinq succès sur des terrains difficiles comme Valenciennes, Auxerre et la révélation de la saison, Montpellier. Nancy est la septième équipe à l'extérieur, un bilan excellent pour des Lorrains qui ambitionnent de finir dans la première partie de tableau.
Comme le dit Correa, son équipe prend des risques à l'extérieur qu'elle ne prend pas à chez elle. A Marseille, le 21 février lors de la 25e journée, l'ASNL avait livré une bonne prestation malgré la défaite (1-3). La vitesse de Dia, Bakar ou encore Ayité avait donné du fil à retordre à l'arrière-garde phocéenne qui n'avait dû son salut qu'à un excellent Mandanda dans les buts et à un Niang des grands jours. Ces revers récurrents à domicile peuvent s'expliquer par la jeunesse et l'inexpérience de l'effectif meurthe-et-mosellan composé notamment d'éléments provenant de Ligue 2 comme Alo'o Efoulou. Le public de Marcel-Picot a également sa part de responsabilité puisqu'il se révèle de plus en plus exigeant avec ses protégés alors qu'il a été gâté par plusieurs saisons de bon niveau. De quoi mettre un peu plus de pression sur les joueurs, devenus plus à l'aise à l'extérieur.

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