![]() Les Héraultais peuvent exulter, ils sont qualifiés pour la Ligue Europa. (Reuters) |
Montpellier, comme un grand15/05/2010 à 22h46 - Montpellier |
Montpellier n'avait donc pas besoin de l'aide de Lens contre Bordeaux pour s'adjuger la dernière place européenne, ce 5e fauteuil synonyme de Ligue Europa la saison prochaine. Sans ses cadres, le MHSC s'est imposé contre le PSG (3-1) lors de sa venue au Parc des Princes pour le compte de la 38e journée de Ligue 1. Les anciens, Dernis, auteur d'un doublé (16e, 58e), et Compan, également buteur (47e), ont permis aux Héraultais de franchir l'obstacle parisien sans encombre. 13e en championnat, le PSG a pour sa part vécu un divorce de plus avec son public. Un divorce consommé malgré la victoire en Coupe de France. Le film du match
Malgré la présence de Zakumi, la mascotte officielle de la Coupe du monde 2010, pour donner le coup d'envoi fictif de ce PSG-Montpellier, ce n'était pas franchement la fête pour le dernier match de la saison au Parc des Princes. Boudé par son versatile public, ce dernier vivant mal les mesures anti-violence que souhaitent mettre en place les dirigeants du club, le PSG, sans Sessegnon, a multiplié les erreurs techniques à l'instar de Younousse Sankharé, remplaçant attitré du Béninois sur le gauche du terrain. Sans ce petit truc en plus, le club de la capitale n'avait que peu de chances d'inquiéter un Montpellier venu jouer les héros pour décrocher l'Europe.
Dernis, toujours frais
Et même sans sa colonne vertébrale composée de Spahic, Dzodic et Alberto Costa, le MHSC a joué dans son registre, dans un 4-3-3 efficace pour jouer la moindre balle de contre. Avec Compan titularisé en pointe, les Languedociens allaient même prendre possession du ballon, mais également l'avantage, au crépuscule du premier quart d'heure de jeu. Avec Dernis à la baguette, les Héraultais plaçaient d'abord un coup franc juste au-dessus de la transversale de Coupet (3e). Contraint d'évoluer dans sa moitié de terrain, le PSG ne pouvait qu'admirer les enchaînements montpelliérains. Camara décalait Dernis dans la surface mais la frappe du gauche du milieu de terrain héraultais était captée au sol par Coupet (6e). Obligé de décrocher pour récupérer les miettes, Hoarau écartait le jeu sur la droite et lançait une combinaison entre Giuly et Jallet. Le centre du latéral droit ne trouvait toutefois que la tête d'El Kaoutari, titularisé en défense centrale avec Yanga-Mbiwa (10e).
Mais Montpellier n'avait pas encore montré toute l'étendue de son talent. Plus incisif qu'Armand, Montaño décochait une frappe à ras de terre après une série de dribbles. Un tir du Colombien que Coupet avait le plus grand mal à capter en deux temps devant le Kop de Boulogne (13e). Seulement quelques minutes plus tard, sur un ballon parfaitement remonté par Camara suite à un corner de Giuly, dégagé des deux poings par Jourdren, le PSG craquait dans les grandes largeurs, incapable d'effectuer le bon repli défensif. Parfaitement décalé à l'angle gauche de la surface parisienne alors Makelele était en défense centrale, Dernis ajustait un ballon dans la lucarne opposée d'un Coupet avancé (16e). Un but magnifique qui ne faisait qu'accroître les chances du MHSC de retrouver l'Europe, d'autant que Bordeaux était aux abonnés absents, dans le même temps, à Lens. Et les supporters parisiens pouvaient commencer à lancer des "Merci Paris".
Fumigènes et Erding dans la lumière
Après une timide réaction des Parisiens sur une frappe d'Erding dans la foulée de l'engagement (18e), le club de la capitale prenait enfin la direction des opérations. Sur un grand pont, Hoarau enrhumait même Bocaly et croisait une frappe qu'El Kaoutari, revenu in extremis, repoussait sur sa ligne de but (22e). A gauche, Sankharé ne remplacait pas Sessegnon et le jeune milieu parisien se faisait siffler par le public pour deux centres bien trop fuyants, l'un terminant dans les gants de Jourdren, l'autre directement derrière le but languedocien.
Mais le plus beau, ou le pire (c'est à voir), était encore à venir dans l'enceinte parisienne après une première période conclue sur une légère domination des locaux, du moins dans la maîtrise du ballon. Après la pause, les protégés de René Girard tuaient le match sur leurs deux opportunités suivantes. Lilian Compan était d'abord heureux d'ajuster Coupet après une mésentente entre Armand et Camara. D'une frappe dans un angle légèrement fermé, l'ancien Caennais fusillait Grégory Coupet (47e). Sous les "Colony démission", "une équipe à Paris" et une ambiance délétère, Geoffrey Dernis, décalé par Belhanda, ne faisait qu'enfoncer le clou d'une frappe limpide à l'angle gauche de la surface (58e). Sans ses cadres, Montpellier se comportait en patron sur une pelouse où il avait pourtant vécu un cinglant 6-1 lors de sa dernière apparition.
Giuly tentait bien d'initier un semblant de révolte mais celle-ci venait finalement de la tribune Auteuil avec des dizaines de fumigènes allumés en même temps, des banderoles déployées et une interruption de match pour calmer un public frustré, autant par les pratiques de Colony Capital, l'actionnaire majoritaire, que par le jeu développé par ses protégés. Même Erding, buteur pour la réduction du score (79e), n'était que moyennement salué par ses supporters. Vainqueur de la Coupe de France, le 1er mai dernier, Paris n'a plus remporté le moindre match depuis. Il est grand temps que ses joueurs raccrochent leurs crampons et se changent les idées. Car au Parc des Princes, l'odeur est celle du soufre.

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