![]() Après l'Afrique du Sud, c'est au Vietnam que devrait se rendre Hristo Stoïchkov. (Reuters) |
Stoïchkov continue son périple10/05/2011 à 07h09 - Mag |
Un Ballon d'Or au Vietnam, c'est possible. Si rien n'a encore été officialisé, Hristo Stoïchkov devrait prochainement prendre en mains la sélection nationale des Etoiles Dorées, qui n'étaient même pas parvenue à se qualifier pour la dernière édition de la Coupe d'Asie. Ou comment l'ancien attaquant bulgare réputé est devenu un technicien presque anonyme.
Comme d'autres avant lui et comme beaucoup d'autres le seront à l'avenir, à l'image d'un Cristiano Ronaldo actuellement, Hristo Stoïchkov fut un joueur aussi détesté qu'adulé. Talentueux au possible au gré d'un pied gauche des plus précis, l'attaquant bulgare était aussi capable d'insulter ses adversaires ou de s'offrir des sorties médiatiques politiquement incorrectes pour finalement être affublé de l'étiquette du génie au caractère ingérable.
Peut-être le principal intéressé fut-il un footballeur difficile à canaliser pour ses entraîneurs successifs mais sa carrière ballon au pied reste mémorable, en attestent ses nombreux titres raflés avec le FC Barcelone notamment, la formation qui l'élèvera au rang de star avec un Ballon d'Or à la clef, en 1994, suite à une Coupe du monde disputée au Etats-Unis avec la sélection nationale, qu'il mena jusqu'en demi-finale. D'un point de vue tricolore, Stoïchkov symbolise également cette triste soirée de novembre 1993 au Parc des Princes, lorsque la Bulgarie, emmenée par son joueur vedette, était venue à Paris priver les Bleus de la Coupe du monde à venir à la faveur d'un succès inattendu (1-2). Ce soir-là, le jeune Marcel Desailly, qui fêtait seulement sa 4e cape avec la tunique frappée du Coq sur les épaules, avait été insulté par le natif de Plovdiv tout au long de la partie sans pour autant craquer nerveusement.
Talent du bien, génie du mal
Hristo Stoïchkov, c'était ça. Et aussi une fin de carrière sans queue ni tête entre de courtes piges dans son pays natal, en Arabie Saoudite, au Japon ou aux Etats-Unis, sans jamais se fixer. La nostalgie des belles heures catalanes sans doute. Et après avoir raccroché les crampons en 2003, l'ancien attaquant à la patte gauche redoutable choisit de se tourner vers les bancs de touche pour tester ses qualités de technicien. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le profil du premier concerné, sans séduire les plus belles formations du Vieux Continent, n'a jamais laissé personne indifférent aux quatre coins du monde.
Ainsi, après une première expérience en qualité d'entraîneur des attaquants chez les Blaugranas en 2003-2004, Stoïchkov prend la tête de la sélection nationale bulgare, qu'il ne parvient pas à qualifier pour le Mondial 2006 ou l'Euro 2008, se faisant même, au cours de son règne, expulser face à la Suède pour avoir insulté le corps arbitral ou provoquant le départ de trois joueurs, dont le capitaine, Stiliyan Petrov, pour divergences de points de vue et conflits ouverts. Le joueur caractériel qu'il fut n'avait pas réussi à tempérer ses ardeurs avec le temps et l'intérêt pour de nouvelles fonctions. Finalement, l'expérience bulgare se soldera par un échec cuisant et Stoïchkov retrouve l'Espagne avec le Celta Vigo, sans réussite là encore.
Par la suite, le club iranien d'Abu Moslem annonce son arrivée en mai 2009 mais celui-ci fait volte-face au tout dernier moment au regard de la situation politique instable dans ce pays et opte finalement pour l'Afrique du Sud et les Mamelodi Sundows. Là-bas, face à des joueurs tout heureux de pouvoir profiter d'un Ballon d'Or en chair et en os, la mayonnaise tourne au vinaigre après quelques mois, le Bulgare ne parvenant pas à se faire accepter par des joueurs à qui il parle avec un certain dédain et une arrogance non dissimulée. Et depuis son éviction en mars 2010, plus rien.
De la vanité à l'aigreur?
Bien sûr, Hristo Stoïchov s'est bien fait remarquer en visitant les installations de Manchester City, mais en qualité de simple spectateur privilégié. Avant que le Vietnam ne se manifeste. "Stoïchkov s'est envolé pour le Vietnam dont il a reçu une offre pour devenir entraîneur de l'équipe nationale", a expliqué Emil Dimitrov, porte-parole du Chavdar Etrople, modeste formation de seconde division en Bulgarie. "Il y est allé afin de négocier et de choisir entre un contrat de deux ans ou de quatre ans."
L'histoire est donc en marche pour l'homme aux 83 sélections et 37 buts à l'échelle internationale, qui semble attiré par le challenge proposé en Asie au chevet des Etoiles Dorées, qui n'avaient même pas réussi à se qualifier pour la dernière Coupe d'Asie remportée par le Japon. Et vogue la galère. Ou plutôt la jonque.
Attaquant particulièrement prisé et sollicité durant ses tendres années, Hristo Stoïchkov a dû apprendre à faire face à la dure réalité d'un métier où il n'est jamais parvenu à acquérir la même notoriété et à démontrer de réelles compétences. Autrefois orgueilleux car conscient de ses grandes qualités footballistiques, Hristo Stoïchkov était parfois imbuvable. Il semble le rester aujourd'hui, mais plus par aigreur face à son manque de réussite dans des fonctions de technicien.
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