![]() Maurizio Beretta, le président de la ligue italienne, a dû s'employer pour que la grève des joueurs n'éclate pas. (Reuters) |
Ronchons mais pas en grève11/12/2010 à 10h20 - Mag |
La 17e journée de Serie A se déroulera ce week-end normalement, tout juste le match de l'Inter étant reporté en raison de la présence du club lombard en Coupe du monde des clubs. Et pourtant, il y a bien failli ne pas avoir de football dans l'élite transalpine, les joueurs ayant, par la voix de leur syndicat, menacé de faire grève à cause d'un désaccord avec la fédération et la ligue. Ces dernières ont finalement ramené les vedettes du Calcio à la raison, tandis que la presse et la vox populi font campagne contre Zlatan Ibrahimovic et compagnie.
"Le mouvement de protestation est annulé." A l'appel du syndicat des footballeurs de Serie A, la grève censée être suivie par tous les joueurs de la première division italienne n'aura pas lieu. Et c'est la fédération et la ligue qui soufflent, en même temps que les chaînes de télévision transalpines, qui auraient connu un gros manque à gagner si Zlatan Ibrahimovic et consorts avaient, comme ils le menaçaient, renoncé à fouler les pelouses ce week-end. Les instances dirigeantes, elles, s'évitent un gros casse-tête puisqu'il aurait fallu reprogrammer quelque part dans le calendrier cette 16e journée prévue samedi et dimanche.
Spectre chronique
Mais pour s'éviter pareil ennui, la fédération et la ligue ont été contraintes d'y mettre du leur. En cause: les protestations des joueurs quant à la nouvelle règlementation des contrats, qui stipule entre autres qu'un footballeur puisse être dorénavant transféré contre son gré ou mis au placard. Malmenées à la table des négociations, la FIGC et la Lega Calcio ont longtemps craint que le syndicat des footballeurs ne mette enfin ses menaces à exécution. "Enfin", car le spectre d'une grève générale a souvent plané au-dessus des terrains de Serie A. En septembre, notamment, la situation s'était améliorée, comme souvent, dans les derniers jours avant l'expiration de l'ultimatum.
Seulement, les joueurs se retrouvent de plus en plus livrés à eux-mêmes. Sans appui. En septembre, la presse transalpine s'était montrée très sévère à l'encontre des stars de la Serie A. Leurs revendications étaient perçues comme des caprices de stars. Les vedettes des terrains italiens, dont la rémunération généreuse était largement soulignée, étaient accusées d'avoir perdu le contact avec la dure réalité économique qui touchait le pays à l'époque. Étonnant, non?
"Les joueurs gagnent beaucoup d'argent"
"J'espère vraiment que la grève des joueurs ne se fera pas, parce que les gens ne comprendraient pas, expliquait, en septembre, Giancarlo Abete, le président de la FIGC. L'impact serait fortement négatif, car le sentiment général, c'est que les joueurs gagnent beaucoup d'argent." La menace des joueurs, renouvelée donc le 30 novembre dernier, peut paraître exagérée. Le fait d'être contraint de s'entraîner à l'écart de l'équipe professionnelle est déjà officieusement en vigueur, un footballeur professionnel étant parfois obligé de répéter ses gammes et de jouer avec l'équipe réserve. Mais le fait de savoir que l'on peut être transféré à tout moment vers un club que l'on n'a pas choisi est certes gênant.
En poussant la comparaison avec d'autres professions qui ne sont pas un cocon diamanté comme le monde du football, être muté dans un autre secteur n'est pas scandaleux. La possibilité d'être transféré dans une autre entreprise contre son gré pourrait, en revanche, faire sortir de leurs gonds les syndicats des travailleurs. La grève n'est pas pour ce week-end, mais les différentes parties, qui trouvent davantage de compromis plutôt que d'accords, ont encore du temps pour méditer là-dessus.

Auxerre
Bordeaux
Boulogne
Grenoble
Le Mans
Lens
Lille
Lorient
Lyon
Marseille
Monaco
Montpellier
Nancy
Nice
PSG
Rennes
St-Etienne
Sochaux
Toulouse
Valencie.
