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Louvel, président de l'UCPF, travaille d'arrache-pied pour améliorer l'image du foot français. (Maxppp)
Louvel, président de l'UCPF, travaille d'arrache-pied pour améliorer l'image du foot français. (Maxppp)

Le foot français pense à vous

28/10/2010 à 08h26 - Mag

"Un joueur qui court, c'est vingt-deux emplois." En pleine période de hausse du chômage, Philipe Diallo résume par cette phrase accrocheuse l'apport du football professionnel français à l'activité économique et sociale du pays. En conférence de presse à Paris mercredi, les dirigeants de l'UCPF (Union des Clubs Professionnels de Football) ont présenté la première étude du "Baromètre Foot Pro", réalisée par le cabinet d'audit Ernst and Young. Avec évidemment des chiffres "surprenants" à la clé...

Tout a commencé il y a dix mois. En janvier 2010, le cabinet d'audit Ernst and Young s'est mis au travail pour répondre à la commande passée par les clubs professionnels français: examiner l'écosystème du foot hexagonal et ainsi améliorer son image, pas franchement des plus reluisantes. L'écart des salaires est en effet si large chez nous autres Gaulois (de 1 à 230), que nos cramponnés préférés se trouvent régulièrement dans le viseur des fervents combattants de l'injustice. Il faut cependant remonter un peu plus loin pour comprendre la genèse de cette étude.

Le 5 novembre 2008, la commission des finances de l'Assemblée Nationale adoptait un amendement tendant à plafonner le droit à l'image collective (DIC) des sportifs professionnels. En résumé, de nouvelles taxes pour les quarante clubs pro d'un pays déjà bien plus hostile en la matière que ses voisins européens. Le débat houleux qui a prolongé cette décision gouvernementale n'a pas agacé que Jean-Michel Aulas: Jean-Pierre Louvel, le Président de l'UCPF, n'a pas hésité à taxer de "fallacieuses" ou "mensongères" les critiques récurrentes sur les privilèges des footballeurs et l'image du foot-business qu'ils véhiculent. Il fallait bien un premier "Baromètre Foot Pro" - du jamais vu jusqu'alors en Europe -, pour tenter de calmer les plus véhéments. Et surtout, embellir le dossier du foot français à l'approche de la renégociation des Droits Télé et de la rénovation des stades pour l'Euro 2016...

Quand un Féret crée vingt-deux emplois...

Le premier sentiment partagé par le président de l'instance française en conférence de presse mercredi fut son étonnement, tout du moins, l'étonnement général quant aux résultats de l'étude réalisée par Ernst and Young. Après écoute puis lecture des chiffres avancés par les différents protagonistes, on peut en effet dire qu'ils sont... étonnants! La filière football professionnel représenterait 25 000 emplois en France, des emplois qui, affiliés à une région déterminée, n'auraient aucune chance d'être délocalisés. A moins que l'OL ou l'OM ne disputent demain la Liga espagnole...

Par simple calcul mathématique, les 1140 joueurs professionnels "offriraient" donc chacun 22 emplois, dont la répartition et l'impact sont aussi bien locaux (accueil et sécurité des stades, transports, restaurants) que nationaux (médias, TV, paris sportifs). Le chiffre est élevé, et, par conséquent, ressassé avec une certaine fierté par les dirigeants de l'UCPF: histoire de tordre le coup à l'étiquette "égoïste" collée sur le front de nos meilleurs manieurs de ballon.

Avec 1,1 milliard d'euros de contributions fiscales et sociales à l'État, l'UCPF estime que les clubs tiennent un rôle prépondérant, mais surtout suffisant, dans la santé économique du pays. De cette somme découle un autre constat mis en valeur lors de l'étude: "Pour 1 euro de subvention attribué aux clubs par les collectivités locales, 15 euros sont collectés au titre des recettes fiscales et sociales au profit de l'Etat ou des collectivités locales." Philippe Diallo, le Directeur général de l'UCPF l'explique plus simplement en conférence de presse: "Ce que donne la municipalité à un club, ce dernier le lui rend quinze fois, directement ou indirectement." Ce rapport avantageux pour les 40 régions abritant un club de Ligue 1 ou de Ligue 2 est sans doute l'argument le plus fort pour justifier les projets des instances françaises de football...

Trouver des partenaires pour les stades

... avec en première ligne de mire, l'Euro 2016 se jouant en France. "La construction et la rénovation des stades à l'approche de l'Euro 2016 sera un des axes principaux de la création de valeur et d'emplois, non seulement pour les clubs eux-mêmes mais plus encore pour toutes les activités qui y sont liées. Voilà un défi, autant qu'une formidable opportunité à relever pour le bénéfice de tout le pays." Un brin enjoliveur, le discours de l'UCPF est surtout un véritable appel du pied aux municipalités et autres investisseurs moins publics.

Construire et rénover a un coût, 1,7 milliards d'euros en l'occurrence, qu'il faudra partager entre les différents fonds publics, mais aussi privés (environ 60% du total). D'où la nécessité du premier "Baromètre Foot Pro": nettoyer au mieux la vitrine du football français, quelque peu ternie par les tristes et encore récents évènements de Knysna en juillet dernier...

Jean CANESSE
Infos Mag 3 2 1
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