![]() Luis Fernandez n'a plus d'avenir à la tête de la sélection israélienne. (Reuters) |
Fernandez, exil plombé04/02/2011 à 17h57 - Mag |
Né en Espagne et international français, fan du PSG qui a grandi à Lyon, fidèle à ses clubs en qualité de joueur et plutôt globe-trotter à ses heures perdues d'entraîneur, ... La vie et la carrière de Luis Fernandez semblent être des antagonismes propres. Un homme de paradoxes qui, là où il savait mettre le pied sur le pré vert, préfère le contrepied depuis le banc de touche.
C'est ainsi que, le 21 mars 2010, la fédération israélienne annonce avoir trouvé un accord avec le principal intéressé pour la prise en main de l'équipe nationale. Après avoir été annoncé au chevet de l'OGC Nice ou de l'AS Saint-Etienne, pressenti pour prendre en charge le Maroc, le natif de Tarifa rebondit finalement en Israël.
Son contrat ne sera pas renouvelé
L'objectif est alors affiché clairement: qualifier Yossi Benayoun et les siens pour l'Euro 2012. Mais, après presque un an de règne, le constat n'est pas des plus positifs pour l'ancien membre du "carré magique" de l'équipe de France. Quatre matches disputés dans le groupe F, une petite victoire face à Malte (3-1), un nul en Géorgie (0-0) et deux défaites contre la Croatie (1-2) puis la Grèce (2-1). Et voilà comment se retrouver en 4e position de sa poule avant d'accueillir la Lettonie le 26 mars prochain. Mais, selon toute vraisemblance, celui qui s'était fait connaître en Israël lors de sa très courte expérience au Betar Jerusalem en novembre 2005, en qualité de manager général, après un bref passage au Qatar, à Al-Rayyan, ne peut d'ores et déjà pas espérer emmener ses troupes en Ukraine et en Pologne en juin 2012 si celles-ci se qualifient.
En effet, dans les coulisses de la fédération israélienne, le message est clair. "Il n'y a pas grand-chose à reprocher à Luis Fernandez. Les résultats ne sont pas là, c'est un fait, et nous devons déjà préparer le futur. La qualification est mal engagée mais nous ne voulons pas le licencier. Son expérience du football de haut niveau apporte beaucoup aux joueurs et sera sans doute bénéfique pour l'avenir", explique-t-on à Football.fr. Le président de la fédération israélienne, Avi Luzon, de confirmer: "Le contrat de Luis Fernandez ne sera pas renouvelé. Nous pensons déjà connaître son successeur mais rien ne se passera avant la fin du contrat de Monsieur Fernandez".
Gutman favori pour le remplacer
Et cette fin de bail est prévue pour le mois de décembre 2011. Autrement dit, l'ancien Cannois devrait encore diriger son équipe lors des six prochaines échéances comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2012. Et s'il réussissait l'exploit de qualifier les vainqueurs de la Coupe d'Asie 1964 pour le prochain grand tournoi européen? Au pays, personne n'y croit en tout cas. "Ce n'est pas du pessimisme, il faut savoir regarder la réalité en face. Sur ce que l'équipe a montré depuis le début des éliminatoires, il y a un trop grand fossé, notamment face à la Croatie, et même comparé à la Grèce. On ne peut pas rester inactif à attendre qu'un exploit hypothétique vienne nous sauver. On doit travailler, et c'est ce qu'on fait sur la succession de Luis Fernandez", nous explique-t-on.
Mais qui sera donc celui qui aura la charge de prendre le relais d'un sélectionneur pour le moins agité sur son banc de touche? "Eli Gutman est le candidat le mieux placé", nous répond-on. L'entraîneur de l'Hapoel Tel-Aviv, adversaire de l'Olympique Lyonnais en Ligue des champions cette saisons, approuve, mais ne souhaite pas pour autant se mouiller. "Je suis l'entraîneur de l'Hapoel et mon contrat est toujours valable jusqu'à preuve du contraire. Je suis toujours ouvert à de nouvelles opportunités, mais je veux me concentrer et faire de mon mieux ici. Maintenant, je ne peux pas nier que j'ai des ambitions personnelles alors entraîner une sélection nationale, qui plus est celle d'Israël, ça ne se refuse pas. Mais on verra tout cela en temps voulu", avance Gutman. "Je n'ai pas reçu d'offre jusqu'à présent, mais si c'est le cas un jour, je l'examinerai avec soin, car ce serait un véritable honneur pour moi d'entraîner l'équipe nationale. Il s'agit en quelque sorte d'une reconnaissance du bon travail accompli à l'Hapoel".
Un palmarès en chute libre
Le roi n'est pas encore mort que déjà son successeur est presque sur le trône... La situation est en tout cas pour le moins singulière puisque Luis Fernandez doit désormais travailler au côté d'un groupe qu'il devra de toute façon abandonner prochainement, que l'Euro 2012 soit au rendez-vous ou non. En France, au printemps 2010, l'opinion publique et les médias s'étaient étonnés que la FFF (Fédération française de football) dévoile le nom du successeur de Raymond Domenech avant même le début de la Coupe du monde en Afrique du Sud. En Israël, personne ne semble même prêter attention à ce qui se trame en coulisses.
De son côté, Luis Fernandez semble il est vrai moins concerné par ses fonctions qu'il ne le fut sous d'autres cieux par le passé. Consultant sur RMC, il n'est pas rare d'entendre l'ancien gamin des Minguettes tourner en auto-dérision ses performances à la tête d'Israël. Peut-être le principal intéressé a-t-il déjà tiré un trait sur sa carrière de technicien, lui qui rêvait pourtant encore il y a peu d'être préféré à Laurent Blanc à la tête de l'équipe de France.
Ses brefs passages au Betar Jerusalem, à Al-Rayyan, au Betis Séville ou au Stade de Reims, ces cinq ou six dernières années, n'ont il est vrai pas plaider en sa faveur. Ces échecs sportifs ont largement contrasté avec les succès précédemment acquis, notamment au Paris Saint-Germain ou à l'Athletic Bilbao, et à un degré moindre au chevet de l'Espanyol Barcelone. Plus simplement, peut-être Luis Fernandez n'est-il déjà plus entraîneur. Non, il est sélectionneur...

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