![]() Sigamary Diarra a été le buteur providentiel samedi contre Sochaux. (Reuters) |
S.Diarra: "Il vaut mieux jouer à Lorient qu'au PSG"25/03/2010 à 08h09 - Lorient |
Lorient a pris l'habitude ces dernières saisons de relancer ou de révéler des joueurs. Sigamary Diarra, venu de Tours en L2 à l'intersaison, effectue une bonne saison sur le front de l'attaque lorientaise. Pour Football.fr, le Franco-Malien de 26 ans livre ses impressions avant le match de ce dimanche contre l'OM, comptant pour la 27e journée de Ligue 1. Les objectifs des Merlus, la confiance accordée par Christian Gourcuff, son parcours difficile, son attachement au PSG... l'ailier gauche répond à tout.
Football.fr: Sigamary, votre club qui restait sur des résultats en demi-teinte, a enfin renoué avec la victoire contre Sochaux le week-end dernier (1-0). Ce dimanche, vous affrontez une équipe de l'Olympique de Marseille en pleine confiance au stade Vélodrome. Comment le FC Lorient aborde-t-il cette rencontre?
Sigamary Diarra: On aborde cette rencontre confiant, parce qu'on a pris trois points à domicile contre Sochaux qui étaient importants pour stopper cette spirale négative. On sait que tout réussit aux Marseillais et qu'ils sont vraiment à la hauteur de leurs objectifs. On ne ressent aucune pression parce que quand on va à Marseille, on n'a rien à perdre et tout à gagner.
Lorient est 9e du classement. Il y a eu une belle période où l'équipe était dans les six premiers du championnat. Vous paraissez un peu décrochés désormais. Que peut viser le FCL d'ici la fin de saison?
Déjà, on a assuré le maintien. C'était l'un des objectifs du club. On voulait aussi terminer à une meilleure place que la saison dernière, en sachant que le club avait fini 10e. Je pense que l'on est dans les temps.
"J'ai franchi un palier"
La semaine passée, vous avez inscrit le seul but du match contre Sochaux. Comment se passe votre première saison en Bretagne, où l'entraîneur vous fait vraiment confiance alors que cela n'était pas acquis au départ?
C'est bien. Je suis conscient d'avoir franchi un palier. En signant ici, je savais que j'arrivais dans un club où le coach me voulait. J'ai travaillé et je pense que j'ai été récompensé de mes efforts. Maintenant, j'ai d'autres paliers à franchir et il ne faut pas lâcher.
Vous rendez-vous compte du chemin parcouru et du temps perdu, depuis le National où vous jouiez il y a trois ans avec Laval puis Tours, après votre échec à Sochaux? Les choses sont allées vite pour vous?
C'est clair, ça va vite mais dans les deux sens également. Quand j'ai commencé à Caen, j'étais en haut de l'affiche et ensuite j'ai connu une phase descendante. En tout cas, ce qu'il m'ait arrivé avant, avec par exemple le passage à Laval où ça a été compliqué avec Denis Troch, c'est ce qui me permet aujourd'hui de ne jamais lâcher et de me rendre compte de la chance que j'ai dorénavant de pouvoir jouer dans l'élite.
"Je suis bien à Lorient"
Votre bonne saison lorientaise a fait grimper votre côte. Vous avez 26 ans. Vous voyez-vous quitter le club en fin de saison pour rejoindre une équipe plus huppée, comme l'ont fait certains Lorientais depuis plusieurs années?
Non pas du tout, je ne me vois pas quitter le club. J'ai signé trois ans. A la fin de saison, il m'en restera deux. Je pense que quand on fait une saison comme celle-là et que le coach vous fait confiance, c'est quelque chose qui ne se trouve pas partout. Ici, vous avez cette confiance qui vous permet d'enchaîner beaucoup de matches. Pour moi, il est important de bien travailler ici, je n'ai aucune envie d'ailleurs, je suis bien à Lorient. J'espère encore confirmer cette première bonne saison l'année prochaine.
Depuis que vous êtes à Lorient, vous avez été appelé en équipe nationale du Mali. Mais après votre première sélection en octobre contre le Soudan, vous n'avez plus été convoqué, notamment pour la CAN. Cela représente-t-il une déception pour vous?
Non, c'était un choix de ma part de ne pas faire la CAN. Ce que j'ai à Lorient, je n'avais pas envie de le perdre. Je me suis battu pour jouer. Je me sens vraiment bien ici. Et partir pendant un mois, pour faire la Coupe d'Afrique des nations... Je voyais plus mon intérêt et celui du club. Et en pesant le pour et le contre j'ai décidé de rester au FCL. Mais à long terme, ça m'intéresse de m'investir plus évidemment. Je me suis déjà entretenu avec les responsables de la Fédération malienne. Je leur ai dit que cette année était importante pour moi, qu'il y avait de la concurrence et que je n'avais pas envie de lâcher ça.
"Mieux vaut être à Lorient qu'à Paris"
Vous avez grandi en région parisienne en étant supporter du Paris Saint-Germain. Que pensez-vous de la situation actuelle du club et des problèmes liés aux supporters du club?
Oui, quand j'étais petit, je supportais le PSG. J'allais voir les entraînements aux Camp des Loges comme beaucoup de Parisiens. Cette année, c'est une saison décevante. Tout le monde connaît la grandeur du club. Ça fait beaucoup d'années qu'ils mangent leur pain noir mais un jour, je pense qu'ils reviendront à la hauteur de l'histoire du club. J'ai du mal à comprendre la colère des supporters parce que les joueurs sur le terrain font le nécessaire, comme les dirigeants. Même si les dirigeants se sont peut-être trompés en prenant certains joueurs. Parce qu'on ne peut pas affirmer vouloir jouer le titre et ne pas prendre les joueurs en conséquence... On ne peut également pas excuser la violence dans un stade sachant qu'il y a des familles qui y vont. Nous, les joueurs et les supporters, ce qui nous lie, c'est la passion du foot, et quand ça part en violence, personne n'est d'accord.
Vous imaginez-vous jouer un jour au PSG?
Oui, j'aimerais mais peut-être qu'aujourd'hui mieux vaut être à Lorient qu'à Paris. Mais c'est vrai que depuis que je suis petit, c'est mon club de coeur. J'ai toujours un espoir de jouer à Paris, même si aujourd'hui ça fait moins rêver. On ne sait pas de quoi est fait l'avenir.

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