![]() Malgré une relégation qui paraît inévitable, les Grenoblois espèrent avoir encore l'occasion de sourire cette saison. (Reuters) |
Le baroud d'honneur des condamnés09/02/2010 à 08h41 - Ligue 1 |
A moins d'un incroyable revirement de situation, Grenoble, Boulogne-sur-Mer et Le Mans évolueront en Ligue 2 l'an prochain. Condamnés aux affres de la relégation par la plupart des observateurs, ces trois clubs n'ont plus grand chose à espérer, si ce n'est de faire bonne figure pour les matches qu'il reste à disputer et de jouer leur rôle d'arbitre à fond. Histoire de ne pas fausser le championnat..
"Il faut être lucide même s'il reste un infime espoir de se maintenir qui fait partie de l'irrationnel". Pierre Wantiez, le directeur général délégué du GF 38, était fataliste dans les colonnes du Dauphiné Libéré, samedi, au moment d'évoquer l'idée un improbable maintien du club isérois en Ligue 1. Grenoble, bon dernier avec dix points, mais également Boulogne-sur-Mer et Le Mans, qui occupent les deux autres strapontins de relégables, avec seize points chacun, semble désormais se faire à l'idée de redescendre d'un étage l'an prochain.
Il faut dire que l'histoire ne joue pas en leur faveur. Depuis 2002-2003 et le retour d'une élite à 20 clubs, seules deux équipes qui comptaient moins de 20 points à ce stade de la compétition ont réussi à se sauver à l'issue de la saison. Mais Montpellier (en 2002-2003) et Toulouse (2003-2004) comptaient déjà 18 points à quinze journées de la fin, soit deux de plus que les Manceaux et les Boulonnais. Deux points, un gouffre dans la situation actuelle des relégables, qui à eux trois ne comptent qu'une victoire en championnat depuis le début de l'année 2010, celle de Grenoble face à Auxerre (5-0) samedi dernier.
Des clubs déjà en Ligue 2
Les Isérois, auteur d'un début de saison catastrophique, ont hypothéqué leurs chances de maintien dès l'entame du championnat, comme nous l'a expliqué Eric Clert, qui suit le club pour le Dauphiné Libéré. "L'équipe a accumulé un retard trop important dès le début. Quand on débute par 11 défaites d'affilée, on est vite largué". Pour lui, le club n'a d'ailleurs aucune chance de se maintenir. "La situation est claire. Il reste 15 matches, et le club a 13 points de retard sur le premier non relégable. Il faudrait tourner à une moyenne de 2 points par match. Je ne vois pas comment ils peuvent s'en sortir. Il faudrait une série vraiment improbable."
Matthieu Delcroix, spécialiste de l'US Boulogne Côte d'Opale pour la Voix du Nord, dresse le même constat que son confrère pour le club maritime, même si il juge le maintien seulement "compromis". Christian Louis, journaliste au Maine Libre, donne de son côté au Mans "5% de chances de rester en Ligue 1". Manque de moyens ou encore recrutement raté, les causes avancées pour expliquer les classements de ces équipes sont nombreuses. Mais les conséquences sont les mêmes pour les trois clubs, qui joueront en quelque sorte leur baroud d'honneur dans l'élite en cette fin de saison.
Une fin de saison en roue libre
Mais pas question pour autant de lâcher. Tous joueront le jeu jusqu'au bout, dans un rôle d'arbitre qui pourra être déterminant, que ce soit dans la course au titre, ou pour les places européennes. "Ce n'est pas dans l'état d'esprit de l'USBCO de baisser les bras", explique Matthieu Delcroix. Les joueurs de la Côte d'Opale, toujours en course en Coupe de France (ils jouent mardi contre Guingamp en 8e de finale), l'ont d'ailleurs prouvé. En tenant en échec Bordeaux y a deux semaines (0-0), les promus ont contribué, d'une certaine façon, à relancer le championnat. Les Grenoblois, qui iront à Marseille lors de la dernière journée, et les Manceaux qui doivent encore jouer Bordeaux et Montpellier, auront également leur mot à dire dans une fin de saison qu'ils aborderont sûrement en roue libre, puisque n'ayant plus rien à espérer.
Le GF38 a d'ailleurs montré la voie, en atomisant Auxerre, la deuxième défense de Ligue 1, samedi. "Ces équipes devront profiter de la fin de saison pour redorer leur image. Surtout Grenoble, où elle a été sérieusement écornée par cette histoire de record avec ces onze défaites", lâche Eric Clert, qui ne voit pas certains joueurs enchantés à l'idée de poursuivre l'aventure dans l'étage du dessous. "Ce sera également l'occasion pour certains de se montrer. Tous ont une volonté de bien finir. Que ce soit pour le club, ou pour eux. Il ne faut pas être dupe". Viendra alors le temps pour les trois relégués de se reconstruire en Ligue 2, afin de tenter la remontée directe dans l'élite. Un ascenseur qu'un seul club par an a pris ces trois dernières saisons.
De Football.fr


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