![]() Michel Moulin espère bien que sa chance contribuera au maintien du Mans dans l'élite. (Reuters) |
Moulin: "25% de chances de nous maintenir"02/04/2010 à 23h45 - Le Mans |
Ce samedi, Le Mans abat peut-être sa dernière carte pour le maintien sur la pelouse de Saint-Étienne, premier rélégable, à l'occasion de la 31e journée de Ligue 1. Une rencontre que Michel Moulin ne juge pas décisive pour l'avenir du MUC dans l'élite. Joint par Football.fr, le manager général du club sarthois, nommé par Henri Legarda le 24 mars dernier, revient sur son arrivée et le rôle qu'il jouera en cette fin de saison. Sans oublier d'aborder sa courte expérience au PSG, avec un départ qui lui laissera des regrets "à vie".
Football.fr: Michel Moulin, c'est un match décisif en vue du maintien qui s'annonce pour Le Mans à Saint-Étienne ce samedi...
Michel Moulin: Décisif, oui et non. Comme je le dis toujours, même si on gagne samedi, ce ne sera qu'une bataille parmi d'autres. On n'aura pas gagné la guerre. Il ne faudra surtout pas croire que tout ira bien si on gagne, car on peut très bien ne plus remporter un match jusqu'à la fin de la saison après. Bien entendu, je ne vais pas vous dire que ce match à Saint-Étienne n'est pas important. Mais tout peut encore se produire après.
Donc, selon vous, en cas de défaite le maintien ne serait pas compromis?
Non, mais il ne faut pas se voiler la face. Plus les journées passent, plus vous les perdez, et plus le maintien s'éloigne. C'est mathématique. Ce sera plus dans la tête des joueurs que ça se jouera. Mais après? c'est à nous de les remotiver. Peut-être que demain, si vous perdez à Saint-Etienne, les mecs se disent: "C'est bon, on est cuit, on joue libéré". Ce serait mieux que s'ils jouent crispés par la défaite. Tout peut se produire. Il est certain qu'aujourd'hui, comme je l'ai dit depuis le début, il y a 25% de chances qu'on se maintienne, c'est tout. Il reste un "quart" du championnat à jouer, donc il nous reste un quart de chance de nous maintenir. Si on perd à Saint-Étienne, on aura encore 15% de chances.
"Les gens n'ont pas lâché"
En arrivant au Mans, dans quel état avez-vous trouvé les joueurs?
Pas si mal que ça. Il y a beaucoup de gens bien, de joueurs qui jouent le jeu, qui ont envie. C'est sûr que certains ont des difficultés, mais quand vous rencontrez une équipe comme Rennes (le MUC s'est incliné devant Rennes (1-3) le week-end dernier, ndlr), qui a des Marveaux, des Briand, c'est plus compliqué. Quand vous regardez Montpellier par exemple. C'est une équipe que j'adore, mais bon... Au Mans, il y a des joueurs aussi forts qu'à Montpellier. Ici, tout le groupe a envie de s'en sortir. Après, on ne peut jamais savoir ce que les gens ont dans la tête, mais dans l'ensemble, on sent qu'ils sont motivés. Moi, j'ai vu des personnes au bord des larmes après la défaite contre Rennes. Mais deux jours après, tous avaient le sourire à l'entraînement. On n'est pas dans une situation aujourd'hui où les gens ont lâché, ça c'est sûr.
Avez-vous des explications au début de saison difficile qu'a connu le MUC?
Oui, il y a des explications. Je pense que le départ que Coutadeur a été compliqué. C'est un garçon qui faisait bien le lien entre la défense et l'attaque et Le Mans a du mal à retrouver un joueur comme ça. Pour le remplacer, ils comptaient sur le... je ne m'en rappelle plus. Helstad? Non, ça c'est l'avant-centre, mais le petit...
Stromstad?
Oui, voilà. Le problème, c'est qu'il s'est blessé. Aujourd'hui c'est ça. Il se blesse et ils n'ont plus vraiment de passeurs. Regardez, dimanche dernier il y a encore... Excusez moi? j'ai un peu de mal avec les noms. Nassim? (Narry, ndlr) Un très bon joueur au milieu de terrain... Enfin, il était blessé, et là contre Rennes, suspendu. Le Mans a eu beaucoup de blessés et de complications. Mais je pense que ce qu'il a manqué, c'est un véritable patron au milieu de terrain.
Quel sera votre rôle en cette fin de saison? Henri Legarda vous a-t-il vraiment donné carte blanche?
Complètement. Je remplace Henri Legarda sur le secteur sportif. Mais après, je ne suis pas arrivé avec mes gros sabots. Je suis là pour aider, pas pour diriger. J'essaie de faire passer du positif, de dire certaines choses. Mais bon après, le patron, c'est Arnaud Cormier, l'entraîneur. Un garçon extraordinaire d'ailleurs.
"Je peux apporter ma chance au Mans"
Pourquoi ne venir que maintenant?
Henri Legarda, c'est un ami. Il m'a demandé il y a une quinzaine de jours de venir l'aider. Voila c'est tout. C'est à titre bénévole, il n'y a rien de compliqué. C'est juste pour le mois et demi qu'il reste jusqu'à la fin de la saison. Que Le Mans reste en Ligue 1 ou non, il n'y aura pas de suite. Parce que ce n'est pas ma ville, ce n'est pas mon club. C'est à titre d'amitié.
Que pensez-vous pouvoir apporter à cette équipe du Mans?
Je peux leur apporter deux choses surtout. Tout d'abord, ma chance dans le sport. J'ai toujours eu un peu de chance, avec par exemple la demi-finale de la Coupe de la Ligue avec le Red Star alors que le club n'était qu'en National (saison 1999-2000, ndlr), la montée en Ligue 1 avec Istres en 2004, l'un des plus petits budgets de Ligue 2. Et j'ai également sauvé, malgré ce que beaucoup de gens peuvent dire... Enfin, j'ai sauvé, je n'étais pas seul. Mais j'ai participé à sauver le PSG. J'ai gagné la mission que Sébastien Bazin m'avait confié. Voila, c'est ça, ma chance. Ensuite, la deuxième chose, c'est ma connaissance du football malgré tout. Et puis voila, ma chance, mon dynamisme, ma "grinta", les idées que j'ai, je peux leur apporter tout ça.
Mais est-ce vraiment utile une mission à si court terme?
Quand un ami vous le demande, vous ne pouvez pas dire non. Après, oui, ça peut être utile, un choc psychologique peut se produire. Les joueurs voient quelqu'un d'autre, avec de nouvelles méthodes. D'ailleurs, aujourd'hui, on parle entre nous de "mini-championnat", avec de nouveaux objectifs.
Avez-vous déjà senti un effet positif à votre arrivée?
Non, mais il n'y a qu'une semaine que je suis là, donc c'est difficile de ressentir déjà un effet. Je pense juste que dimanche dernier, les gens se sont donnés à fond. Maintenant, dire qu'il y a eu vraiment un changement, on ne peut pas dire ça. Et même, quoiqu'il se passe pendant un mois et demi, ne j'aurai fait qu'amener ma pierre à l'édifice. Si Le Mans se maintienT, ce ne sera pas grâce à moi, mais plus grâce à l'entraîneur, aux joueurs. Ce n'est pas en un mois et demi que vous changez les choses. Et en cas de relégation, c'est que je n'aurais pas été bon.
A quel genre de match vous attendez-vous contre Saint-Etienne?
Dur. Ça va être une rencontre crispée, ils jouent aussi quelque chose. Même s'ils gagnent contre nous, ils ne seront pas sauver non plus. Il faut atteindre pour ça 40 points, et Saint-Etienne n'en aura que 32 en cas de victoire. Ce sera crispé, ce ne sera pas un Barcelone-Arsenal, c'est sûr. Ils vont pousser d'entrée de jeu au maximum. A nous de les faire douter petit à petit s'ils ne font pas la différence. Après, si vous en prenez trois d'entrée, le match est fini. Et vice-versa d'ailleurs (rires). Mais si le score est de 0 à 0 à la pause, ce sera différent.
"Si j'étais resté, le PSG serait mieux"
Le Mans se déplace au Parc des Princes pour y défier le PSG à l'occasion de la 37e et avant-dernière journée de Ligue 1. Vous imaginez-vous déjà prendre votre revanche sur ce club?
Une revanche de quoi, de qui? Moi je n'ai pas de revanche à prendre sur le PSG. J'ai une loge au Parc des Princes, je regarde tous leurs matches car c'est ma ville et j'apprécie ce club. Ce serait complètement fou de vouloir une revanche sur des gens que je vais voir toutes les semaines (sic), non? J'ai passé deux mois très enrichissants là-bas, je me suis régalé. Après, il y a eu des décisions différentes par rapport à mon caractère, à ce que j'avais fait. Les gens n'ont pas compris que conseiller du président, ce n'était pas président, et que pour sauver une équipe, je ne pouvais pas y aller avec la fleur au fusil. J'ai remercié Sébastien Bazin de m'avoir donné cette opportunité. D'ailleurs, je le vois encore de temps en temps. Après, il y avait des choix à faire. Mais je pense aujourd'hui, en toute humilité, que le Paris Saint-Germain serait mieux qu'en ce moment...
Si vous étiez resté?
Oui. Moi je n'aurais pas pris des joueurs comme Giuly, des joueurs comme ça par exemple. J'aurais gardé Amara Diané, qui est trois fois moins cher que Giuly (sic). Devant, André-Pierre Gignac voulait venir. J'aurais une attaque qui tient la route, et surtout un grand numéro 10 derrière tout ça pour organiser le jeu. Je n'aurais pas fait partir Bernard Mendy non plus. Ça aurait été différent. J'aurais eu des combattants.
Avez-vous encore des regrets en ce qui concerne votre départ du PSG?
A vie. J'aurais des regrets à vie à ce sujet. J'étais de mieux en mieux. Quand vous commencez un truc...

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