![]() Palerme, ici pendant les succès face à la Juventus (0-2), est 4e de Serie A. (Reuters) |
Palerme fait de la résistance04/03/2010 à 10h57 - Italie |
Quatrième de Serie A, Palerme réalise une saison remarquable. Bien placé pour participer à la prochaine Ligue des champions, le club sicilien géré par l'ambitieux président Maurizio Zamparini résiste de la plus belle des manières aux grosses cylindrées de son championnat, malgré un contexte local des plus particuliers. Entre joueurs expérimentés et jeunes prometteurs, la mayonnaise a pris du côté du stade Renzo-Barbera.
Vainqueurs dimanche dernier, au stade Olimpico, contre la Juventus de Turin (0-2), les joueurs de Palerme commencent à croire sérieusement en leur avenir européen. A la faveur de ce beau succès, les hommes de Delio Rossi sont aujourd'hui 4e de Serie A, avec deux points d'avance sur la Vieille Dame et donc en pole pour participer au tour préliminaire de la prochaine Ligue des champions. Quelle est donc la recette du succès palermitain?
Joint par Football.fr, Ricardo Pratesi, journaliste à la Gazzetta dello Sport, livre son opinion sur la question. "La pression sur Palerme est moins importante en comparaison d'équipes comme la Juventus, l'Inter Milan, l'AC Milan ou l'AS Rome. Même si en Sicile il y a une très grande passion populaire. Palerme optimise sa politique de jeunes en lançant des talents peu connus mais destinés à un futur radieux. Le club a un président ambitieux, Zamparini, qui demande à ses entraîneurs des résultats importants assez rapidement. Il a emmené Palerme à un niveau élevé et est donc très aimé en Sicile".
La patte Zamparini
Maurizio Zamparini. C'est cet homme d'affaires italien de 68 ans qui gère la Maison Rose de main de maître depuis 2002. Deux ans après sa prise en mains, le club remporte la Serie B, puis finit 6e du championnat malgré son statut de promu. Depuis, à l'exception d'une 11e place en 2007-2008, la formation sicilienne a toujours figuré dans la première partie du tableau. S'il est en effet très apprécié du public du stade Renzo-Barbera, le truculent Zamparini est un impressionnant consommateur d'entraîneurs. 12 changements de coach à Palerme, avec notamment l'éternel retour de Francesco Guidolin, l'ancien technicien de l'AS Monaco, et 28 dans l'ensemble de sa carrière puisqu'il a également été président de Venezia entre 1988 et 2002.
"Zampa", comme il est surnommé en ville, est également l'une des plus grandes gueules du football italien. Ce dernier n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à tancer vertement certains de ses homologues, dont Adriano Galliani, qu'il avait défini comme "l'anticalcio" lors d'une de ses sorties ou à remettre en cause le système de reversements des droits télévisuels. Mais l'homme n'est pas qu'un irréductible gouailleur. C'est aussi un dirigeant compétent, puisque la politique actuellement en place à Palerme est en train de porter ses fruits. Conduite par Delio Rossi, qui a pris le relais de Walter Zenga après la troisième journée de championnat, la formation rosanera est un savant mélange de joueurs confirmés et de jeunes pousses très prometteuses. Les expérimentés Manuele Blasi, Mark Bresciano et Fabrizio Miccoli (aucun d'entre eux n'ayant plus de 30 ans) encadrent les très convoités Simon Kjaer (20 ans), Javier Pastore (20 ans), Edinson Cavani (23 ans) et Abel Hernandez (19 ans).
Un contexte local compliqué
Autre facteur pour expliquer la réussite palermitaine, son invincibilité dans l'antre bouillant de Renzo-Barbera. Aucune défaite en 13 matches sur leur île, une statistique des plus parlantes. Une île où il n'a pas toujours fait bon posséder une entreprise comme un club de football. La Sicile est depuis toujours une terre fertile en affaires et scandales liés à la mafia. Si le terme peut paraître inapproprié lorsque l'on traite de football, la réalité est toute autre. En juin dernier, était libéré Giovanni Pecoraro, ancien responsable de la section jeunes de l'US Citta di Palermo, soupçonné d'association mafieuse (notamment dans la vente illégale de billets pour les matches de Palerme) en raison de ses liens présumés avec certains des personnages les plus controversés du paysage sicilien.
Le président Zamparini, quant à lui, s'est toujours défendu d'être victime de pressions et de chantage. Même s'il s'affiche en chantre de la lutte contre la mafia, en brandissant bien haut son amitié avec le juge Pietro Grasso, connu en Italie pour son combat contre l'argent sale dans les clubs et clairement estampillé anti-mafia, "Zampa" n'échappe pas aux accusations. "Il y a eu et il y a toujours des rumeurs qui évoquent des liens entre certains membres de la direction et la mafia mais tant qu'aucun de ces liens n'est confirmé, on ne peut évidemment rien prouver. Ces rumeurs pourraient également être lancées par des ennemis de Zamparini, jaloux de sa réussite", nous confie Giusto Ferronato, lui aussi journaliste à la Gazzetta dello Sport.
Ce week-end, Palerme reçoit Livourne pour le compte de la 27e journée de Serie A. Une occasion rêvée pour le groupe de Delio Rossi d'accentuer son avance sur la Juventus de Turin, qui aura fort à faire en déplacement chez la Fiorentina. Mais l'entraîneur sicilien ne devra pas se croire déjà arrivé en cas de succès. Son patron a déjà prouvé à plusieurs reprises qu'il n'hésitait pas à se séparer d'un technicien même s'il obtenait des résultats. Pour preuve, le licenciement de Francesco Guidolin 2007, malgré le bon travail de celui-ci par le passé. Zamparini s'était alors fendu de cette déclaration dans le Guerin Sportivo: "Comment je m'y prends pour licencier un entraîneur? Très simple. Je prends mon téléphone, je fais le numéro du coach, et quand il répond, je dis toujours la même phrase. Je suis désolé, mais maintenant il faut que vous partiez"...

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