![]() Le technicien des Pharaons (à gauche) s'est livré à une diatribe sur Israël. (Reuters) |
Shehata impardonnable15/02/2010 à 08h29 - International |
Hassan Shehata a mis les pieds dans le plat. Volontairement. La semaine passée, le sélectionneur égyptien a tiré à boulets rouges sur Israël dans les colonnes d'Al Masry Al Youm, affirmant notamment qu'il préférait "mourir avec toute [sa] famille" que d'entraîner la sélection d'une nation qui "tue des Arabes et envoie des missiles sur des villages pour les détruire". Des propos qui ternissent un peu plus l'image des Pharaons sur la scène continentale, sinon mondiale.
La politique est une chose. Le football en est une autre. Si l'engagement d'un acteur du ballon rond peut parfois faire sourire, comme Marouane Chamakh avec le MoDem, il peut également susciter la controverse. La semaine passée, Hassan Shehata, le sélectionneur égyptien, s'est livré à quelques confessions dérangeantes dans les colonnes du quotidien Al Masry Al Youm. Le triple vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations s'est déchaîné sur le sujet d'Israël, petite nation footballistique mais pion incontournable de l'échiquier géopolitique depuis la seconde guerre mondiale.
"Un pays qui commet des meurtres sur des enfants"
"Je comprends la jalousie des Israéliens vis-à-vis des succès de l'Égypte", commence-t-il. "Mais je ne me rendrai jamais dans un pays qui commet des meurtres sur des enfants". Hassan Shehata est un excellent connaisseur du monde du ballon rond. Si bien qu'il ne trompe personne quand il affirme que "c'est la première fois qu'[il] entend parler d'eux à propos de sport", et qu'il "ne savait même pas qu'ils avaient une équipe de football."
Mais le technicien des Pharaons va bien plus loin. "Même si Israël était la dernière formation disponible au monde, je prendrais ma retraite plutôt que d'aller entraîner là-bas. Je préfèrerais encore mourir avec toute ma famille", s'emporte-il. "Je sais simplement que [les Israéliens] tuent des Arabes et envoient des missiles sur des villages pour les détruire". Un dérapage en règle qui ternit à nouveau l'image de la sélection égyptienne, après les évènements de ces derniers mois.
Le tabou israélien
En novembre dernier, alors que les affrontements entre supporters égyptiens et algériens en marge du dernier match des qualifications à la Coupe du Monde 2010 faisaient couler beaucoup d'encre, Amr Zaki se distinguait également à sa façon. L'attaquant des Pharaons concédait à la presse qu'il ne voulait pas rejoindre Portsmouth, qui le convoitait alors, en raison de la présence de deux Algériens dans l'effectif. Un aveu que la presse algérienne a préféré voir comme un faux prétexte pour ne pas s'engager avec la lanterne rouge de Premier League, dans un soi-disant climat - exagéré - de "haine" des Égyptiens envers les Fennecs, selon les mêmes médias.
Dans le même temps, avant la confrontation aller-retour egypto-algérienne validant la qualification pour le Mondial sud-africain, le président de l'état égyptien, Mohammed Hosni Moubarak, avait invité les supporters de la sélection à empêcher Rafik Saïfi et les siens de dormir à leur hôtel en y faisant un maximum de bruit et en dérangeant comme il se doit leur quiétude. Pathétique... Des propos et comportement qui s'éloignent considérablement du rapprochement des peuples et de l'ignorance des frontières souvent prônés par le ballon rond. Tout le monde garde en mémoire ce match du 21 juin 1998 entre l'Iran et les Etats-Unis durant le Mondial français. Une Coupe du Monde qui avait par ailleurs gommé, au moins un temps, les disparités au sein de la population hexagonale, rassemblée pour célébrer le succès d'une équipe Black-Blanc-Beur.
A quand les sanctions ?
Le 26 mars 2008, les deux Corée, ennemis viscéraux, ont pour un temps oublié leurs innombrables différends pour se réunir autour du ballon rond, et les exemples de ce type ne manquent plus depuis quelques années. Il fallait donc que le sélectionneur des Pharaons se fasse remarquer et avoue publiquement son racisme envers Israël pour nous faire revenir sur Terre.
Mais le dérapage contrôlé de Hassan Shehata prend une résonance nauséabonde. Une nouvelle fois, des évènements ou sorties médiatiques extra-sportives causent sérieusement du tort à la sélection égyptienne. Laquelle a beau briller sur la scène continentale, au point de s'imposer comme, collectivement, la meilleure nation africaine de cette dernière décennie, mais souffre d'une "communication" désastreuse qui en fait également une équipe peu appréciée. L'image de Hassan Shehata, brillant technicien, est quant à elle désormais sérieusement écornée. Preuve, une nouvelle fois, que la complexité des rapports entre Israël et ses voisins reste un sujet tabou et dangereux. Preuve, aussi et surtout, que politique et football ne font pas bon ménage.
La CAF (Confédération Africaine de Football), qui vient de prouver à plusieurs reprises son incompétence et son inhumanité ces dernières semaines, notamment autour du forfait du Togo lors de la CAN 2010, mais également la Fifa (Fédération Interationale de Football Association), qui a fui ses responsabilités, notamment après le caillassage en règle du bus algérien avant Egypte-Algérie et les appels frondeurs des autorités du football local, vont-elles enfin se décider à intervenir ou rester ridiculement passives et protéger ainsi une équipe certes talentueuse mais ô combien vicieuse et vaniteuse à outrance ?
De Football.fr

Auxerre
Bordeaux
Boulogne
Grenoble
Le Mans
Lens
Lille
Lorient
Lyon
Marseille
Monaco
Montpellier
Nancy
Nice
PSG
Rennes
St-Etienne
Sochaux
Toulouse
Valencie.


