![]() Après le drame de Port Saïd, un homme pleure ici la mort de son frère... (Reuters) |
L'Egypte entre pleurs et colère02/02/2012 à 10h17 - International |
Mercredi soir, le petit monde du football a connu un nouveau drame, qui a notamment coûté la vie à 73 personnes du côté de Port-Saïd. Lors d'un match de championnat égyptien entre Al Ahli et Al Masry, des affrontements entre supporters ont dégénéré. Au lendemain de cette tragédie, les réactions sont nombreuses et oscillent toutes entre incompréhension, peine et colère.
Mercredi soir restera une journée tragique pour le football international, et plus encore pour l'Egypte. A la suite d'une rencontre de première division à Port-Saïd entre l'équipe locale, Al Masry, et Al Ahli, formation emblématique du continent africain, des pseudo-supporters se sont mis à envahir le terrain pour prendre à partie des joueurs adverses. Et malgré la présence de quelques policiers anti-émeutes, qui ont tenté tant bien que mal de retenir la foule, ces hooligans ont pu sans mal continuer à poursuivre leurs proies et à les rouer de coups de pieds et de poings.
La traque aux responsables
Surtout, ces émeutes ont provoqué un drame avec la mort de 73 personnes au moins et au moins un millier de blessés, pour la plupart victimes "de commotions et de profondes coupures", selon le premier bilan dressé par le vice-ministre de la Santé sur la télévision publique. Elles auraient majoritairement été piétinées par des mouvements de foule ou seraient tombées des tribunes.
Ce jeudi matin, le pays se réveille donc avec les yeux embués de larmes, mais aussi plein de colère. "Je suis très choqué et attristé d'apprendre qu'un grand nombre de supporters de football sont morts ou ont été blessés, à la suite d'un match à Port-Saïd, en Egypte, a déclaré Joseph Blatter. Mes pensées vont d'abord aux familles de ceux qui ont perdu la vie. C'est un jour noir pour le football. Une telle catastrophe est inimaginable et ne devrait pas se produire".
Faisant écho au président de la Fifa, la CAF a également réagi, se disant "profondément choquée par la tragédie qui a frappé mercredi soir l'Egypte. Le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou, actuellement à Malabo, en Guinée équatoriale, continue de se tenir informé heure par heure de la situation et a adressé un premier message de condoléances à la Fédération égyptienne de football", indique un communiqué officiel, qui assure égalemement qu'une minute de silence sera respectée en mémoire des victimes lors des prochaines rencontres de la CAN.
Récupération politique
Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, à la tête du Conseil suprême des forces armées, s'est lui montré plus vindicatif. "Ce genre d'événements peut se produire partout dans le monde mais nous ne laisserons pas les responsables s'en sortir", a-t-il promis dans des propos relayés par 20Minutes. Et suite au récent Printemps arabe, en Egypte, les communiqués des partis politiques se succèdent pour exercer une forme de récupération et pointer les adversaires du doigt. En attendant, plusieurs questions subsistent. Pourquoi les forces de l'ordre, présentes en masse pour ce choc du championnat, ont-elles été aussi apathiques ? Les portes du stade auraient de surcroît été fermées à clef...
Quoi qu'il en soit, l'heure est à la désolation en Egypte, principalement chez ceux qui ont vécu ces tristes événements au plus près. Chez les joueurs présent sur la pelouse, certains d'entre eux auraient déjà annoncé leur retraite...

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