![]() Otto Rehhagel a dirigé son dernier match en tant que sélectionneur de la Grèce face l'Argentine (2-0). (Reuters) |
Fin de règne pour le "Roi Otto"27/06/2010 à 19h59 - International |
C'était dans l'air du temps. En poste depuis 2001, le sélectionneur de la Grèce Otto Rehhagel a confirmé qu'il ne poursuivrait pas l'aventure avec l'Hellène, qu'il a emmené sur le toit du football européen en 2004. A 71 ans, Rehhagel laissera un souvenir impérissable à une nation lui doit son premier tire majeur dans une grande compétition. Son parcours s'arrête donc avec cette Coupe du monde 2010, où les Grecs ne sont pas parvenus à franchir le premier tour.
"Il est l'heure pour moi de dire adieu à la Grèce." C'est en ces termes qu'Otto Rehhagel a annoncé dans le quotidien allemand Bild qu'il quittait ses fonctions de sélectionneur de la Grèce, après neuf années de bons et loyaux services. Intronisé à la tête d'une sélection moribonde, après l'éviction de Nikos Christidis, l'entraîneur allemand est parvenu à faire des merveilles. Petite nation sur l'échiquier du football européen, la Grèce s'est muée, l'espace d'un Euro, en machine de guerre sous la direction de Rehhagel.
Otto, roi de Grèce et du Portugal
L'anarchie régnante au sein de la sélection, qui avait coûté une humiliation lors du Mondial 1994 (3 défaites, aucun but inscrit pour 10 encaissés), a laissé place à une rigueur typiquement allemande. Dotée d'une génération dorée avec Karagounis, Dellas, Charisteas, Katsouranis et consorts, la Grèce a réalisé des merveilles lors du championnat d'Europe 2004 au Portugal. Dans une poule a fortiori trop difficile pour eux, Otto Rehhagel et ses hommes ont déjoué tous les pronostics en sortant seconds derrière le pays hôte, mais devant l'Espagne et la Russie.
La suite, on la connait. La Grèce met en place un système tactique ultra-défensif, avec Charisteas en pointe chargé de convertir les centres de la tête. Un choix qui s'avère payant puisque elle réussit là où personne ne l'attendait et remporte son premier titre majeur, en battant une nouvelle fois le Portugal, auréolé du statut d'ultra-favori. Otto Rehhagel entre à jamais dans l'histoire du football grec et insuffle un nouvel élan à la belle Hellène. Mais le soufflet retombe rapidement. La Grèce n'arrive pas à se qualifier pour la phase finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, puis termine l'Euro 2008 avec zéro point au compteur et cinq buts encaissés. Signe avant-coureur ou non, Rehhagel est reconduit à la tête de la sélection et parvient, pour la deuxième fois de son histoire, à qualifier la Grèce pour un Mondial.
"La Grèce à besoin d'un nouveau départ"
Malgré les premiers points de son histoire marqués en Coupe du monde face au Nigeria (victoire 2-1), La Grèce quitte une nouvelle fois la compétition dès le premier tour. Sentant la fin d'une belle aventure, Otto Rehhagel a donc préféré libérer son poste: "La Grèce a besoin d'un nouveau départ. Ma démission a été acceptée par le président de la Fédération." Quant à l'éventualité d'arrêter définitivement sa carrière d'entraîneur, l'Allemand réfute totalement cette possibilité et se voit même, en dépit de ses 71 printemps, trouver un point de chute dans un club ou dans une autre sélection: " Non, je n'arrête pas! Je n'ai pas pensé une seule seconde à abandonner. Je me sens prêt et je fais juste une petite pause. Je veux partager ma vaste expérience et je serai bientôt disponible. Un retour en Bundesliga? Tout est possible!"
Après avoir été le "Kind der Bundesliga" (l'enfant du championnat allemand) pour avoir participé à plus de 1000 matches en tant que joueur et entraîneur, Otto Rehhagel est devenu "Der Vater des Griechenlands" (le père de la Grèce) à jamais.

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