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Le Barça du président Sandro Rosell affiche une dette record. (Reuters)
Le Barça du président Sandro Rosell affiche une dette record. (Reuters)

Le Barça voit rouge

29/07/2010 à 08h30 - Espagne

L'économie du football espagnol est en berne. Et personne n'est épargné, pas même le FC Barcelone, qui présentait pourtant un bilan comptable positif depuis maintenant presque une décennie. Le club catalan vient en effet d'annoncer, à la suite d'un audit commandé par le nouveau président Sandro Rosell, une perte de 77,1 millions d'euros sur la saison 2009-2010, alors que la précédente direction avait pourtant fait état d'un bénéfice net de 11 millions d'euros.

"C'est la dette la plus importante de l'histoire du club". Javier Faus, vice-président économique de l'institution blaugrana, n'a pas cherché à dissimuler l'état réel des comptes du Barça. Avec un endettement estimé à 442 millions d'euros, contre 329 millions à l'issue du dernier exercice, le trou dans les finances croît de manière réellement préoccupante.

Instaurer une politique d'austérité

Quelques éléments d'explication semblent nécessaires à la bonne compréhension de la situation. En juin dernier, le FC Barcelone présente ses comptes pour la saison écoulée, affichant un bénéfice avoisinant les 11 millions d'euros. Des chiffres qui ne surprennent pas, les Catalans ayant pris la bonne habitude d'exhiber un bilan positif depuis sept ans. A son arrivée à la tête du club, Sandro Rosell demande toutefois au cabinet Deloitte un nouvel examen des caisses, qui met en évidence des chiffres bien différents, avec 408,9 millions d'euros de recettes pour 477,9 millions de dépenses, soit un déficit de 77,1 millions. Tout en indiquant qu'il fallait d'ores et déjà exclure toute irrégularité de la part de l'ancienne direction et des agissements du président Joan Laporta, Javier Faus a toutefois tenu à faire part de son inquiétude: "Il y a un problème structurel", a-t-il précisé en conférence de presse. "Notre excellence sur le plan sportif ne se retrouve pas au niveau du management économique".

L'ère Sandro Rosell, qui vient tout juste d'éclore, pourrait donc être marquée par une tendance à l'austérité. Début juillet, le nouvel homme fort des champions d'Espagne avait déjà eu recours à un prêt de 150 millions d'euros pour payer les salaires des joueurs et du personnel, et faire face aux dépenses les plus pressées. Toutefois, malgré ces difficultés, le club estime pouvoir débourser 50 millions d'euros sur le marché des transferts estival. L'achat de David Villa (40 millions d'euros) a déjà été amorti par les ventes de Yaya Touré (35 millions d'euros) et de Dmitro Chigrynskiy (15 millions). La possibilité de s'offrir Cesc Fabregas serait maintenant déterminée par le départ de Zlatan Ibrahimovic, mais le président a déjà précisé qu'il ne "paierait pas 50 ou 60 millions pour lui", insistant en outre sur la nécessité de mettre en place une politique économique de rigueur.

Un mal profond

Depuis maintenant plusieurs années, le football espagnol fait figure de vilain petit canard en termes de gestion économique. En mai dernier, le professeur Jose Maria Gay, de l'université de Barcelone, publiait une étude attestant d'une dette cumulée de 3,53 milliards d'euros par les clubs de Liga lors de la saison 2008-2009. Un déficit qui s'accroît de façon exponentielle, en raison de la crise économique, de l'effondrement du marché immobilier et de l'inflation au niveau des transferts, mais aussi du laxisme invraisemblable des autorités de régence, la Ligue de football professionnel (LFP) et le Conseil Supérieur des Sports (CSD).

Ainsi, un club comme Valence, affichant une dette de 500 millions d'euros, s'est trouvé contraint de se séparer de ses meilleurs éléments cet été, après avoir longtemps repoussé l'échéance. Le Real Majorque, cinquième du dernier championnat, vient de demander fin mai à être placé sous administration judiciaire, et s'est vu récemment privé de Ligue Europa par l'Uefa. Les deux géants que sont le Real Madrid et le FC Barcelone, malgré une puissance financière incomparable, continuent eux aussi de creuser leur déficit. Alors que l'idée d'instaurer une DNCG européenne semble faire son chemin, le microcosme du ballon rond espagnol serait bien inspiré de prendre les mesures nécessaires afin de redresser un tant soit peu sa situation économique. Au risque de courir au devant de graves déconvenues...

Alexandre PENGLOAN
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