![]() Entouré de Barthez et Boghossian, deux anciens de 1998, Blanc ne verra peut-être pas plus loin que l'Euro 2012 avec les Bleus... (Reuters) |
Le président, c'est Le Graët18/01/2012 à 23h04 - Equipe de France |
Malgré le lobbying fait autour de Laurent Blanc pour que le sélectionneur national de l'équipe de France prolonge son contrat avant l'Euro 2012, Noël Le Graët tient bon. L'actuel président de la Fédération française de football a en effet confirmé lundi soir sur l'antenne de L'Equipe TV qu'il attendrait la tenue de l'épreuve continentale pour discuter de son avenir et, éventuellement, lui proposer de rempiler. Un processus risqué mais qui pourrait permettre au dirigeant de se retrouver en position de force sur certains sujets sensibles.
Laurent Blanc avait eu beau calmer le jeu en conférence de presse, le 14 novembre dernier, avant le dernier match amical des Bleus contre la Belgique au Stade de France (0-0), il n'est pas pour autant revenu complètement dans les petits papiers de son président Noël Le Graët. "Depuis qu'il est président, vous avez décidé de nous mettre en opposition. On n'est pas en opposition. Il est venu à midi comme chaque fois avant un match. On a tout intérêt à travailler en commun", expliquait ainsi le sélectionneur national, bien décidé à mettre de l'eau dans son vin pour revenir dans les bonnes grâces de son dirigeant. "Pour tout vous dire, je trouve cela indécent que l'on parle de mon renouvellement de contrat, ce n'est pas le moment. Je n'y pense pas du tout, il faudra y songer, mais pour l'instant, je n'y pense pas", concluait-il alors une conférence de presse mouvementée à Clairefontaine.
Boghossian et les anciens de 98 militent pour Blanc
C'est que, quelques jours plus tôt, le "Président", comme il est surnommé depuis le sacre des Bleus en 1998, avait tenu d'autres propos dans les colonnes de L'Equipe pour mettre Le Graët dos au mur: "Si je dois rester, il faudra que mon contrat soit prolongé avant l'Euro." Même l'un de ses adjoints, Alain Boghossian pour ne pas le citer, lui avait emboîté le pas quelques semaines plus tard : "Il faut que la question soit réglée au plus vite. Chaque année il y a ce problème: les entraîneurs au mois de mars, avril sont demandés par des clubs. Il va falloir donner une réponse et ne pas attendre le résultat de l'Euro. Laurent Blanc, il y a plusieurs clubs qui aimeraient l'avoir comme entraîneur." Et encore, on n'évoque pas ses anciens partenaires sous le maillot frappé du coq, comme Bixente Lizarazu ou Christophe Dugarry, qui n'avaient de cesse de louer son travail après la période noire sous l'ère Raymond Domenech.
Lundi soir, Noël Le Graët s'est donc retrouvé sur le plateau de L'Equipe TV pour revenir sur ce sujet sensible: la prolongation de contrat du sélectionneur. Si le président de la 3F risquait bien de se mettre son actuel technicien à dos, celui-ci ne s'est pas démonté et a confirmé qu'il attendrait l'Euro 2012 pour évoquer une éventuelle prolongation avec le champion du monde 98. "Je pense que c'est plus sain comme cela", justifiait-il d'emblée, avant d'exprimer le fond de sa pensée: "Il faut aller le plus loin possible à l'Euro, mais surtout il faut passer les poules. Gérer un groupe en compétition, c'est l'heure de vérité. L'équipe de France doit faire mieux sportivement. Le temps de la gagne est venu."
Le Graët, seul maître à bord
Si Laurent Blanc pourrait donc mettre un terme à son expérience à la tête des Tricolores prématurément en entendant de telles déclarations, Noël Le Graët a ainsi rappelé qu'il était bien le président, le seul et l'unique, de la Fédération française de football. Dans ce qui pourrait ressembler de loin à une guerre d'ego, l'ancien président de la Ligue et de Guingamp, intronisé le 18 juin 2011 quand il avait été élu face à Fernand Duchaussoy au premier tour, a surtout envoyé des messages à l'entraîneur des A.
D'abord, et évidemment, c'est encore lui qui décide et une guerre d'ego ou de lobbyings n'y changera rien. Si Laurent Blanc veut poursuivre l'aventure jusqu'à la Coupe du monde, il devra faire avec lui et ne pas le froisser par des déclarations, fussent-elles légitimes, comme dans les colonnes du quotidien national le 28 février dernier. Noël Le Graët n'est pas homme à succomber à la pression et l'a bien fait savoir. Ensuite, le président de la Fédération n'a que peu apprécié le souhait émis par Laurent Blanc que ses adjoints obtiennent une prime de qualification pour celle obtenue pour la Pologne et l'Ukraine en juin prochain. Et ses adjoints sont également un problème récurrent pour un dirigeant qui les juge bien trop nombreux pour un groupe de 23 joueurs à gérer.
Gagner en jouant bien
Noël Le Graët a aussi décidé de mettre un terme à la période de reconstruction des Bleus qui, selon lui, n'a que trop duré. "On me dit que ça fait 15 mois, mais combien de jours on a passé ensemble ? 75 jours ! C'est deux mois et demi, c'est peu. Quand je dis qu'on n'a pas assez de temps, c'est le cas, surtout en période de construction. Après, sur le "paper board", tout est parfait", déclarait encore Laurent Blanc après le résultat nul sans relief de la France contre les Diables Rouges (0-0). Maintenant, charge au Cévenol de bien faire jouer la sélection nationale, de la faire gagner et de ne plus se retrancher derrière l'excuse de Knysna 18 mois plus tard.
Enfin, selon nos confrères de L'Equipe ce mercredi, Marino Faccioli, directeur administratif de l'équipe de France et proche de Laurent Blanc, aurait rédigé une note interne pour alléger les sanctions à l'encontre des mutins de Knysna et leur permettre de revenir plus vite en sélection. Un détail peut-être, mais encore une divergence de point de vue entre Blanc et Le Graët, ce dernier souhaitant que les Anelka, Toulalan, Ribéry ou encore Evra soient lourdement pénalisés. Si l'ancien défenseur central pourrait donc jeter l'éponge plus tôt que prévu, surtout si une cylindrée comme l'Inter Milan lui faisait les yeux doux, Noël Le Graët a tenu à bien faire comprendre qu'il n'y avait qu'un seul président à la FFF. A ses risques et périls ?

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