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Le capitaine des Bleuets, Fofana, a soulevé le trophée de l'Euro des moins de 19 ans. (Reuters)
Le capitaine des Bleuets, Fofana, a soulevé le trophée de l'Euro des moins de 19 ans. (Reuters)

Champions d'Europe!

30/07/2010 à 20h48 - Equipe de France

Vendredi à Caen, l'équipe de France des moins de 19 ans a remporté son 7e championnat d'Europe de la catégorie après avoir battu l'Espagne (2-1). Dominés par une très talentueuse Rojita, les hommes de Francis Smerecki ont su renverser la vapeur en seconde période. Le Gunner Gilles Sunu a égalisé (49e) avant que le Lyonnais Lacazette, entré en jeu, n'inscrive le but victorieux en fin de match (85e). La France rafle ainsi son 7e Euro dans cette catégorie d'âge et prend sa revanche sur cette même Espagne, qui l'avait battue en finale des moins de 17 ans deux ans auparavant.

Une image que l'on n'avait pas vu depuis bien longtemps. La "ola" dans les tribunes, une Marseillaise entonnée avec entrain ou des joueurs acclamés par ses supporters. L'équipe de France des moins de 19 ans sera parvenue ce vendredi soir à faire chavirer tout un stade qui n'avait plus l'habitude de chanter "on est les champions". Dans un Stade Michel-D'Ornano plein pour accueillir l'équipe de France U19 face à la Rojita espagnole, les hommes de Francis Smerecki auront proposé un double visage, tantôt Docteur Jekyll, tantôt Mister Hyde. Incapables d'abord de poser le pied sur le ballon, la faute, il est vrai, à une formation ibérique à l'aise techniquement, les Bleuets ont complètement changé leur jeu en seconde période pour mettre à mal une Seleccion bien sûre d'elle.

L'Espagne maîtrise

Dans un début de rencontre où les deux formations s'observent, il faut attendre la 9e minute pour voir la première action chaude, par l'intermédiaire du Madrilène Sergio Canales. Le capitaine Keko se joue de Chris Mavinga puis adresse un centre en retrait pour le numéro 10 de la Rojita, mais ce dernier échoue sur Diallo. Comme à son habitude, l'Espagne monopolise le cuir et multiplie les passes. Deux minutes plus tard, Pacheco, collé à son côté gauche depuis le début de la rencontre, envoie une deuxième mèche, qui passe au-dessus du but. Les Français, mal entrés dans la partie, cherchent trop à sauter les lignes en envoyant des longs ballons à Bakambu, trop esseulé en pointe.

Et ce qui devait arriver arriva. A la 17e minute, sur une perte de balle de Gueida Fofana, l'Espagne contre-attaque à cent à l'heure. Pacheco sert l'attaquant du Real Madrid Rodrigo, qui, d'une frappe croisée du gauche, trompe Diallo. Les hommes de Luis Milla concrétisent ainsi un premier quart d'heure rondement mené. Les Français tentent bien de réagir, mais l'équipe de Francis Smerecki semble avoir pris un coup de massue. Apathiques, les Bleuets n'arrivent pas à mettre le pied sur la balle. Seul Gaël Kakuta semble parvenir à faire la différence, mais le joueur de Chelsea touche trop peu de ballons. L'Espagne, de son côté, continue son récital et Pacheco n'est pas loin de doubler la marque à la 34e, mais son tir passe juste à côté de la lucarne de Diallo. En 45 minutes, les Bleuets - meilleure attaque du tournoi avec 12 réalisations - n'auront pas une seule fois tiré au but.

Les choix payants de Smerecki

Francis Smerecki tente un coup au retour du vestiaire, en remplaçant Antoine Griezmann, emprunté sur son côté gauche, par le Lyonnais Yannis Tafer, tout en conservant le même schéma tactique, Bakambu prenant la place de Griezmann. Choix payant puisque ce dernier est à l'origine de l'égalisation française. Alors que les Bleus venaient d'éviter le deuxième but après une énorme bévue de Diallo (48e), Tafer profite du mauvais corner des Espagnols pour lancer idéalement Sunu sur le côté gauche, qui lobe Alex d'un magnifique ballon en cloche (49e). Revenus avec de nouvelles ambitions, les Bleuets développent un jeu à mille lieues de celui proposé en première période. L'Espagne ne tarde pas à réagir par l'intermédiaire de son défenseur central Bartra, qui se paye le luxe de réaliser un grand pont dans la surface et d'enchaîner avec une puissante frappe, détournée par Diallo. Dix minutes plus tard (58e), Gaël Kakuta aurait pu profiter d'un pénalty, mais l'arbitre de la rencontre, Monsieur Studer, en décidait autrement.

Les Français continuent de se montrer dangereux, et Yannis Tafer, parfaitement servi par Cédric Bakambu, croise bien sa frappe mais bute sur Alex (80e). A force de pousser, les Bleus ont fini par faire sauter le verrou ibérique. Kakuta récupère le ballon dans l'axe et se joue de la charnière centrale. Sur la frappe qui suit, le portier espagnol repousse la tentative du joueur de Chelsea, qui parvient tout de même à centrer pour Alexandre Lacazette. Le Lyonnais n'avait plus qu'à conclure de près de la tête (85e). Francis Smerecki aura eu le nez creux tout au long de la compétition en réalisant à chaque fois des changements payants. Sous l'oeil de Michel Platini, les Français décrochent ainsi leur 7e titre européen et prouvent, s'ils y en avaient encore besoin, que la formation hexagonale a de beaux restes.

Julien FROMENT à Caen
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