![]() Laurent Blanc et Didier Deschamps ne vont pas encore alourdir leur calendrier en étant éliminés de la Coupe de France. (Reuters) |
Deschamps et Blanc ont-ils lâché ?11/02/2010 à 07h24 - Coupe de France |
Forcément, on est en droit de se poser la question. Mercredi soir, après les éliminations de Bordeaux et de Marseille en Coupe de France, respectivement contre Monaco (0-2) et à Lens (3-1), les deux formations tricolores ont-elles accepté de tirer un trait sur une compétition pour mieux se concentrer sur les trois autres dans lesquelles elles sont encore engagées ? Un état de fait qui pourrait susciter le débat dans l'Hexagone, mais qui ne se pose absolument pas chez nos voisins européens...
Depuis le début de l'hiver, le calendrier fait une nouvelle fois débat en France, principalement pour les grosses écuries du championnat de France, appelées à se montrer aussi compétitives que possibles sur différents tableaux. Le moins que l'on puisse dire, c'est que mercredi soir, Bordeaux et Marseille, champion et vice-champion de France 2009, n'ont pas répondu présents en 8e et 16e de finale de la Coupe de France, même si Monaco et Lens, leurs tombeurs du jour, n'ont pas démérité, loin de là.
Eliminations involontaires mais bienvenues
Pourtant, à domicile contre le club de la Principauté, malgré les absences de Carrasso, Planus, Chamakh ou Diarra, les Girondins avaient aligné une équipe avec Gourcuff, Fernando, Ciani ou Trémoulinas, des titulaires habituels, mais ceux-ci ne sont pas apparus particulièrement concernés, même si l'opposition était, il est vrai, de belle qualité. Dans le Nord de la France, Didier Deschamps avait choisi, lui, de faire jouer l'équipe-bis de l'Olympique de Marseille sur les terres des Sang et Or, avec des M'Bow, le fantômatique Morientes ou Kaboré, conservant des Diawara, Bonnart, Cissé ou Valbuena sur le banc, Ben Afa, Heinze et Lucho étant absents.
Au final, le net succès du Racing Club de Lens (3-1) n'a rien d'illogique face à une formation que le coach phocéen savait pertinemment moins performante qu'à l'habitude, Hilton n'étant pas exemple que l'ombre du joueur qu'il fut par le passé en Artois. Alors, ces éliminations conjuguées des Ciel et Blanc et des Aquitains n'arrangent-elles pas les affaires de tout le monde, sauf de la FFF (Fédération Française de Football) bien entendu ? "La cadence est infernale. C'est dur de répéter un match plein tous les trois jours. Il y a forcément des disparités car on peut affronter des équipes qui ont un ou deux jours de récupération de plus, ça peut se jouer là aussi. La fatigue est là, même si je fais tourner pour éviter d'avoir des soucis. Il faut garder de la fraîcheur chez tous les joueurs pour aller le plus loin possible. On sait que l'on a des matches en retard, le calendrier sera, même avec cette élimination, très chargé. On a une finale de coupe de la Ligue que l'on met de côté, le championnat et l'Europa League qui reprend, il va nous falloir beaucoup d'énergie", précise DD sur le site officiel de l'OM.
Laurent Blanc, qui est le premier détracteur du calendrier incroyable que doivent subir ses joueurs, notamment après les différents reports intervenus cet hiver en raison des intempéries, savait d'ores et déjà que sa rencontre de L1 contre Auxerre initialement prévue le 20 février a été repoussée à une date ultérieure, vraisemblablement en mars. Or, c'est en mars, les 23 et 24, que sont programmés les quarts de finale de la Coupe de France. Une semaine auparavant, les Girondins espèrent avoir validé leur billet pour les quarts de finale de la Ligue des Champions après la rencontre retour face à l'Olympiakos le Pirée. Entretemps, la Ligue 1 aura continuer son raid solitaire, tout en n'oubliant pas la demi-finale de Coupe de la Ligue prévue le 17 février face aux Merlus de Lorient.
Plus proches du but en Coupe de la Ligue
Alors, pourquoi ne pas se focaliser sur une demi-finale d'un tournoi plutôt que sur un 8e, d'autant que la récompense entre Coupe de la Ligue et Coupe de France est identique: un strapontin pour la Ligue Europa et une manne financière à la clef.
Pour Marseille, la donne n'est pas simple non plus car, en championnat, c'est bientôt deux matches en retard que compteront les Phocéens sur le reste de la meute, les deux rencontres face à Sochaux étant d'ores et déjà à fixer, finale de la Coupe de la Ligue à disputer le 27 mars prochain au Stade de France oblige. Un problème que pourrait également rencontrer Bordeaux en cas de qualification contre Lorient dans une semaine... Ajouter à cela la Ligue Europa, que Didier Deschamps veut jouer à fond, et un sprint en championnat pour accrocher le podium, ou même le titre en cas de baisse de régime des Girondins...
D'autant que, pour ces deux formations compétitives, la trêve internationale du début du mois de mars n'en sera pas vraiment une car plusieurs hommes seront concernés, que ce soit pour l'équipe de France (Mandanda, Gourcuff) ou d'autres nations.
Sans que cette notion d'élimination soit évidemment délibérée pour les Bordelais comme pour les Marseillais, elle devrait inévitablement s'avérer bénéfique, quitte à faire grincer quelques dents, principalement du côté de la FFF. Car si la LFP peut se targuer d'avoir prochainement l'OM, et peut-être Bordeaux, en finale de sa Coupe de la Ligue, la Fédé ne pourra pas compter là-dessus. Mais, pour éviter un tel scénario, encore eut-il fallut que Messieurs Escalettes et Thiriez s'entendent sur le bien-fondé et la cohabitation de ces deux tournois...
La France: le vilain petit canard européen
Pourquoi, chez nos voisins européens, de tels problèmes ne se posent-ils pas ? De l'autre côté du Rhin, la Coupe de la Ligue est un tournoi d'avant-saison qui n'intéresse pas grand-monde et ne met aux prises que quelques formations, alors que l'Espagne et l'Italie se contentent d'une seule coupe nationale. En Angleterre, la Carling Cup existe bel et bien, mais personne ne s'estomaque à voir Arsenal présenter régulièrement ses Baby Gunners dans le tournoi, ou MU, Liverpool et Chelsea faire largement tourner leur onze titulaire. De l'autre côté de la Manche, on comprend la cadence infernale imposée aux professionnels et on privilégie tout naturellement la Premier League et la C1, voire la FA Cup, le tournoi le plus ancien au monde avec tout le poids historique que cela représente. De plus, les équipes anglaise disposent malgré tout d'effectifs bien plus fournis que les plus belles écuries hexagonales...
Malgré cela, en France, la LFP et la FFF continuent de se tirer la bourre pour faire exister leur "bébé", au détriment des équipes qu'elles sont censées défendre, préserver et protéger. Monaco et Lens, éliminés en Coupe de la Ligue, ont parfaitement su négocier ce virage de Coupe de France, au contraire de Bordeaux et Marseille qui, malgré leurs effectifs de valeur, n'ont peut-être déjà plus la force de jouer sur quatre tableaux distincts. Laurent Blanc et Didier Deschamps, qui connaissent mieux que personne le très haut niveau, ne le savent que trop bien.

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