![]() Luis Suarez a été phénoménal en finale contre le Paraguay. (Reuters) |
Suarez, sacré phénomène25/07/2011 à 10h11 - Copa America 2011 |
Champion d'Amérique du sud avec l'Uruguay ce dimanche, Luis Suarez tient le premier titre majeur de sa jeune carrière. A 24 ans, l'attaquant de Liverpool peut se réjouir d'appartenir a une génération de la Celeste en constants progrès, tout comme est vraie la réciproque. Buteur et monumental en finale de la Copa America face au Paraguay (3-0), Suarez a logiquement été désigné meilleur joueur du tournoi. Une récompense méritée.
On le préfère à coup sûr sous ce visage. Dimanche, dans le célèbre Stade Monumental de Buenos Aires, Luis Suarez a livré une copie prodigieuse en finale de la Copa America 2011. Premier buteur face au Paraguay (3-0), d'un enchainement ultra rapide (12e), l'attaquant de Liverpool a mis au supplice Enrique Vera et ses compagnons d'infortune en défense, grâce à des appuis et une vivacité phénoménaux. Également passeur sur le dernier but de Diego Forlan (90e+1), le buteur de 24 ans a affiché une palette complète digne des plus grands. Et c'est sans véritable surprise qu'il a été désigné quelques instants plus tard meilleur joueur de la compétition en Argentine.
Bagarreur dans l'âme
Ce qui a certainement impressionné les milliers de supporters uruguayens massés dans l'enceinte habituellement réservée à River Plate, c'est aussi la faculté de Suarez à démarrer sans élan. Alors qu'il était à l'arrêt, l'ancien de l'Ajax s'est fendu d'accélérations spontanées et dévastatrices. Les reins des défenseurs guaranies ont fait plusieurs tours et Suarez s'est baladé sur le pré. Outre des petits ponts presque tous réussis et des prises de balle insensées, le prodige de 24 ans a démontré une abnégation salvatrice pour son pays. Celle-là même qui lui avait permis d'ouvrir le score en demi-finale face au Pérou (2-0), en venant gratter un ballon relâché par Raul Fernandez alors que tout le monde s'était arrêté de jouer.
C'est également cette combativité qui lui a souvent joué des tours dans son enfance, mais aussi lors de ses débuts en pros. Et même si le tempérament fougueux de Suarez a clairement diminué depuis ce match face au PSV Eindhoven où il avait mordu l'oreille d'Otman Bakkal, en novembre dernier, le désormais buteur de Liverpool a conservé sa prédisposition au don de soi. Pour continuer d'ailleurs dans cette métaphore du corps, le joueur a répondu, avec son "flegme" habituel, aux journalistes qui se demandaient comment un aussi petit pays que l'Uruguay pouvait faire d'aussi grandes choses. "Parce qu'on a d'énormes couilles", a lâché avec une certaine classe le "MVP" du tournoi.
17 ans après Francescoli
En dehors d'une poésie qui lui est propre, Luis Suarez a surtout voulu souligner le collectif d'Oscar Tabarez, véritable point fort de la Celeste ces dernières années: "Nous voulions atteindre la finale, l'objectif était déjà rempli. Après, par ce titre, nous montrons que notre demi-finale du Mondial (en 2010 en Afrique du Sud, ndlr) n'était pas un hasard. Le groupe le mérite tant il est uni."
Une unité qui a rarement porté aussi bien les valeurs de l'Uruguay, comme en témoigne le pressing incroyable effectué pendant 90 minutes par notre héros du moment, malgré le légendaire égoïsme que l'on étiquette sur le front des attaquants. Cette force de caractère a sûrement mené Suarez au titre de meilleur joueur du tournoi, dix-sept ans après celui décroché par Enzo Francescoli, vainqueur de la Copa 1995 avec la Celeste. Si le chemin est encore long avant d'acquérir l'aura de l'ancien numéro 10, le départ est plutôt prometteur...

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