![]() Franck Ribéry a rarement fait la différence face aux Espagnols. (Reuters) |
La Furia s'abat sur les Bleus03/03/2010 à 22h50 - CM 2010 |
Ce n'est pas rassurant du tout... Mercredi soir au Stade de France, en match amical, l'équipe de France s'est logiquement inclinée face à l'Espagne (0-2). Largement dominateurs, les champions d'Europe en titre ont fait la différence en première période grâce à David Villa (21e) et Sergio Ramos (45e). Les Bleus, malgré le retour de Franck Ribéry, n'ont pas montré grand-chose offensivement, incapables de concrétiser leurs rares opportunités.Le film du match
Raymond Domenech ne s'était pas trompé! Lui qui sentait comme un parfum de Coupe du monde avant d'accueillir l'Espagne, ce mercredi au Stade de France, a vu ce que pouvaient espérer les Bleus contre l'une des favorites à la succession de l'Italie, le 11 juillet prochain, en Afrique du Sud. Peut-être ne s'imaginait-il pas une telle opposition contre une formation ibérique qui avait, comme la France, fait le tour de ses partenaires avant ce match. Alors que l'ambiance était "sud-africaine" avant le coup d'envoi, l'Espagne a ensuite mis tout le monde dans sa poche et même le public qui, après 25 minutes de jeu, lançait déjà des "Olé" et des "Domenech démission" à chaque transmission de balle des joueurs de la Furia Roja. Incapable de remporter le moindre match lors des reprises hivernales, la France a perpétué cette vilaine habitude. Et les Bleus, avant de reprendre par des matches de préparation en mai prochain, ont donc ajouté un cinquième revers aux quatre précédemment subis depuis 2006 contre la Slovaquie, l'Argentine par deux fois, et... l'Espagne (défaite 1-0 à Malaga en 2008, ndlr).
Entre une équipe qui maîtrise son fond de jeu, avec une ossature composée de Barcelonais, de Madrilènes et de Valencians, et une formation tricolore en manque d'automatismes, les protégés de Vicente Del Bosque lancent évidemment les premières banderilles. Si David Villa est signalé en position de hors-jeu dans la profondeur sur un service de Sergio Ramos, le buteur aura d'autres chances de se rattraper (1e). En face, Yoann Gourcuff lance Franck Ribéry sur la droite de l'attaque mais le sociétaire du Bayern, fauché par Alvaro Arbeloa, en vient presque aux mains avec le Madrilène (2e). Le ton est en tout cas donné et ce n'est pas l'altercation qui suivra entre le Red Devil Evra et le Gunner Fabregas qui ramènera de la tranquillité sur le pré. Les deux joueurs continueront d'ailleurs de s'expliquer jusqu'aux vestiaires à la pause.
L'Espagne et Villa récitent leurs gammes
Sur le plan du jeu en revanche, l'Espagne récite son jeu court à une ou deux touches de balle et trouve les intervalles. Sur un bon ballon dans la profondeur de Fabregas, Iniesta ne peut toutefois mettre Lloris à contribution (5e). En contres, les Bleus tentent de percer une charnière centrale 100% barcelonaise, composée de Puyol et Piqué. Ribéry sert Sagna, qui ouvre pour Gourcuff dans la surface. Le Girondin est finalement repris par Arbeloa qui arpente absolument tout le couloir gauche (7e). Dans une rencontre où l'Espagne refuse de perdre le moindre centimètre de terrain, Franck Ribéry percute sur l'aile droite. Henry est en revanche plus en difficultés face à Xabi Alonso et Sergio Ramos. Sur une percée côté gauche, le capitaine tricolore rate son centre sous la pression du milieu de terrain relayeur du Real (13e). En face, seul David Villa, l'attaquant valencian, a pu jusqu'alors inquiéter Lloris sur une longue balle en profondeur d'Iniesta. Le portier lyonnais étant finalement en couverture, contraint cependant de sortir de sa surface pour évoluer pratiquement comme un libéro (11e).
Dans un mach âpre, l'Espagne se procure finalement la première véritable occasion sur un coup franc excentré côté droit et exécuté par le maître artilleur du Real, Xabi Alonso. Et Sergio Busquets, d'une tête décroisée, manque de peu l'ouverture du score, le ballon longeant le montant gauche du portier tricolore (18e). Sous la pression de Fabregas ou de Villa, la défense française donne de légers signes d'inquiétude. Une impression confirmée quelques secondes plus tard sur une nouvelle percée de Villa dans l'axe, qui récupère un ballon initialement destiné à Silva. Le buteur ajuste du pied droit Lloris et signe son 36e but en 55 sélections (21e, 0-1). Souvent piégée dans son dos, la charnière centrale tricolore laisse trop souvent Lloris seul devant Villa. Un dernier rempart d'ailleurs encore obligé de sortir de sa surface pour dégager du pied devant l'attaquant valencian (25e). Et les fameux "Olé" accompagnent dorénavant chaque passe espagnole dans l'enceinte dyonisienne.
La belle entrée de Cissé
Sans percussion à l'exception de Franck Ribéry, exilé sur l'aile droite, Lassana Diarra prend sa chance de 25 mètres pour la première frappe cadrée des Bleus. Après 28 minutes de jeu, voilà qui est trop peu pour se mettre le public dans la poche. Mais les Bleus n'ont tout de même pas dit leur dernier mot et s'activent enfin à quelques minutes du terme de la première période. Ribéry s'appuie sur Gourcuff dans l'axe et sollicite le une-deux mais Xabi Alonso, décalé sur la gauche de la surface, tacle parfaitement la balle pour concéder le corner (43e). Insuffisant toutefois pour redorer l'image de Raymond Domenech, le sélectionneur français, qui est sifflé à chaque apparition sur les écrans géants de l'enceinte. Et la Furia a du répondant. Sur une perte de balle de Gourcuff, entouré par quatre Espagnols, Sergio Ramos peut facilement crocheter Escudé pour le but du break. 0-2, M. Thomson, l'arbitre écossais, renvoie les deux équipes au vestiaire.
Passée la blessure de Gourcuff, qui se relèvera, après le repos, Anelka tente de sonner la révolte française sur un tir enroulé du droit mais "San" Iker veille au grain. Torres, entré en jeu en lieu et place de Villa, tout comme Xavi et Albiol, qui remplacent Puyol et Fabregas, enrhume Ciani sur un double grand pont du plus bel effet côté gauche (50e). Raymond Domenech a quant à lui conservé son onze de départ et Ribéry cherche toujours des crosses à Arbeloa sur l'aile droite. Et dans cette configuration, en 4-2-3-1, la France fait peine à voir offensivement.
L'Espagne tient le choc
A l'heure de jeu, seul Lloris tient le rythme avec une belle envolée sur un tir de Torres, parfaitement alerté par Ramos. Raymond Domenech lance alors Sydney Govou en lieu et place de Thierry Henry, le capitaine sorti sous les sifflets du SDF. A Franck Ribéry désormais de prendre le couloir gauche comme au Bayern (65e). Force est de constater que, lui, au moins, provoque, obtient un coup franc mais place directement le ballon sur Casillas (66e). En contre, Jesus Navas, également entré en jeu, cherche le penalty face à Ciani, en vain (67e). Anelka place pour sa part une demi-volée du droit au-dessus de la transversale de Casillas (68e). Visiblement touché au genou, Ribéry cède sa place à Malouda (73e) alors que Cissé entre en lieu et place d'Anelka (76e). Et les Tricolores retrouvent des couleurs avec ces remplacements même si le joueur du "Pana" envoie une mine dans un angle impossible côté droit (77e).
Les Bleus jouent plus haut et Malouda met enfin réellement à contribution Casillas sur un service de Cissé, toujours lui, et une tête plongeante magnifique qui heurte le poteau gauche du dernier rempart espagnol (78e). Sans trembler, l'Espagne laisse passer l'orage jusqu'au coup de sifflet final en obtenant même la dernière opportunité sur une frappe trop croisée de Navas (90e). Venue avec des certitudes, l'Espagne a tenu le choc. En revanche, les Bleus n'ont toujours pas convaincu. A trois mois de la Coupe du monde, ce constat est plus qu'inquiétant...

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