![]() Andrés Iniesta est devenu le héros de tout un peuple en offrant la Coupe du monde à l'Espagne. (Reuters) |
Iniesta, de l'ombre à la lumière12/07/2010 à 07h42 - CM 2010 |
Il a inscrit son nom à jamais dans l'histoire du football espagnol. En marquant l'unique but de la finale de la Coupe du monde 2010 face aux Pays-Bas (1-0), dimanche, Andrés Iniesta a propulsé l'Espagne sur le toit du monde. Joueur discret mais tellement précieux dans le système de jeu mis en place par Vicente del Bosque, le même dans lequel il évolue au FC Barcelone, le milieu de terrain de poche n'avait pas toujours fait les bons choix auparavant dans cette finale, avant de se muer en héros de la nation.
Un Barcelonais pur souche a fait exploser l'applaudimètre à Madrid. Une véritable hérésie rendue possible grâce à un exploit historique. La capitale espagnole a réservé un accueil triomphal à ses héros, lundi, et notamment à Andrés Iniesta, le milieu du FC Barcelone et de l'équipe nationale, auteur du but décisif face aux Pays-Bas (1-0), dimanche, qui a offert la première Coupe du monde de son histoire à l'Espagne. Habitué à laisser les honneurs à ses coéquipiers, que ce soit en club ou en sélection, le numéro 6 de la Roja se retrouve malgré lui sous le feu des projecteurs.
Un but dans l'histoire
Il y a un an, il avait déjà enfilé sa panoplie de sauveur avec le FC Barcelone. Son but dans les tous derniers instants de la demi-finale de la Ligue des champions face à Chelsea (1-1), le 6 mars 2009, avait permis au Barça de se hisser en finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Mais celui qu'il a inscrit sur la pelouse du Soccer City Stadium de Johannesburg l'a propulsé dans une toute autre dimension. Celle des héros nationaux, ceux qui marquent l'histoire et dont on parlera dans plusieurs années. Une gloire à laquelle aurait bien voulu échapper Andrés Iniesta. En trompant Maarten Stekelenburg d'une reprise de demi-volée parfaite, sur un service limpide de Cesc Fabregas, dans les ultimes instants de la prolongation de la finale de la Coupe du monde 2010, il est entré dans l'histoire par la grande porte malgré lui.
Pourtant, tout ne fut pas parfait dans la prestation de "Don Andrés" lors de cette finale. Et si Arjen Robben peut nourrir des regrets côté néerlandais avec ses deux face-à-face ratés devant Iker Casillas, le petit milieu de terrain d'un mètre 70 et 64 kg, formé au Barça, aurait également ressassé ses actions manquées en cas de défaite de son équipe. Il n'en fut rien, heureusement pour lui. Pas question donc de penser à cette action où, après avoir fait la différence sur un contrôle orienté parfait, il préféra tenter le dribble de trop, alors qu'un simple "pointu" aurait pu délivrer l'Espagne plus tôt (81e). Inutile également de revenir sur une prestation quelque peu décevante - 41 passes réussies sur 70, 1 seul tir (mais quel tir) -, malgré une ouverture de génie pour Fabregas dans la prolongation (95e). De la finale et même du Mondial d'Andrés Iniesta, on ne retiendra que son but, que ses parents n'ont même pas vu, eux qui ne regardent jamais les matches de leur progéniture, et dédié à Daniel Jarque, le capitaine de l'Espanyol Barcelone, décédé en août 2009.
"Un sentiment indescriptible"
Transparent face à la Suisse lors de la défaite inaugurale de la Roja (0-1), le joueur de 26 ans a su se relever après sa prestation désastreuse, avant l'apothéose devant des Oranje qui lui auront martyrisé les chevilles durant toute la partie. Signe que sa prestation en finale n'a pas franchement été extraordinaire, la presse ibérique a surtout souligné la portée historique de ce premier titre de champion du monde. Ce qui n'est pas pour déplaire au principal intéressé, dont la discrétion est au moins aussi grande que son talent. Avant la remise du trophée, la télévision ibérique a tout de même réussi à lui arracher quelques mots. "C'est incroyable. Cela nous a demandé beaucoup d'énergie. Remporter la Coupe du monde procure un sentiment indescriptible", a-t-il expliqué, ému.
Présent dans les travées du Soccer City Stadium, le prince Felipe d'Espagne a également rendu un hommage appuyé à Iniesta. "Ce but est une bénédiction. Iniesta nous a ouvert les portes de la gloire". En France, le Catalan et ses coéquipiers auraient sûrement reçu la Légion d'Honneur des mains du président de la République. Nul doute que de l'autre côté des Pyrénées, ils seront fêtés comme il se doit dans les jours qui viennent. Et qu'Andrés Iniesta remportera une nouvelle fois les suffrages à l'applaudimètre.

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