![]() Jeff Bédénik, le portier de l'USBCO, a relevé la tête contre l'OL en Ligue 1. (Reuters) |
Non Jeff, t'es pas tout seul10/03/2010 à 17h31 - Boulogne-sur-mer |
Remplaçant en début de saison au profit de Mathieu Valverde, qui a depuis rejoint Toulouse, Jean-François Bédénik, le portier de Boulogne-sur-Mer, est sorti de sa réserve samedi dernier. Critiqué de toutes parts après des performances à l'image de sa formation, l'ancien Manceau a réalisé une belle prestation contre l'Olympique Lyonnais, lors du nul obtenu par les Nordistes (1-1). De quoi permettre aux siens de croire à l'impossible?
"Nan Jeff, t'es pas tout seul, arrête de pleurer comme ça devant tout le monde...". Les paroles de cette chanson de Jacques Brel pour consoler son ami délaissé pourraient bien s'appliquer au gardien de but de Boulogne-sur-Mer, Jean-François dit "Jeff" Bédénik. Le portier nordiste a en effet connu bon nombre de moments de solitude cette saison au sein du 3e de Ligue 2 l'an passé. Avec 33 matches de championnat disputés l'an passé, le natif de Seclin (Nord) fut l'un des héros de l'épopée boulonnaise qui a vu le club de Jacques Wattez rejoindre l'élite pour la toute première fois de son histoire.
Pourtant, en dépit de ce statut, la formation entraînée par Laurent Guyot se met en quête d'un nouveau gardien. Camouflet pour Bédénik, qui voit le Bordelais Mathieu Valverde débarquer sur la Côte d'Opale, mais accepte bon gré mal gré de débuter la saison sur le banc. Valverde dispute les 9 premières rencontres de la saison et connaît la victoire à seulement deux reprises: face à Grenoble (2-1) et à Saint-Etienne (1-0). Celui-ci ne rassure pas et se voit préférer le jeune Ibrahim Koné pour quelques matches, avant de quitter le Nord au mercato en direction de Toulouse.
Trois bourdes face au Losc
Quatre matches d'intérim plus tard, Koné laisse "enfin" sa place à Jean-François Bédénik. Le joueur de 27 ans, au parcours quelque peu tortueux (il est passé par Lens, Valenciennes, Le Mans, Neuchâtel Xamax et Ionikos), peine malheureusement à se montrer aussi rassurant que la saison passée dans l'antichambre de la L1. A vrai dire, le bilan de "Jeff" n'est pas glorieux: 15 matches disputés, 25 buts encaissés, 1 victoire, 5 matches nuls et 9 défaites. Sauf que même lorsqu'il est performant dans les buts des pensionnaires du Stade de la Libération, ses partenaires ne suivent pas, le laissant souvent désarmé face aux attaquants adverses. En perte de confiance, il réalise trois bourdes dans le derby face au Losc (3-1), lors de la 24e journée, et s'attire les foudres des médias locaux et d'une partie du public.
Enfin déterminant et très présent à l'image de son équipe, samedi, face à l'Olympique Lyonnais, le gardien boulonnais laissait enfin sortir sa frustration. "Au mois de février on m'a un peu matraqué dans tous les sens mais c'est comme ça. Il y a eu des buts refusés, des fautes de position... Ce soir je n'ai pas pris de but, c'est bien et on prend un bon point contre Lyon. J'en ai pris plein la gueule cette semaine, ça me fait chier mais ce n'est pas mon style de me plaindre. Je n'ai pas entendu ce qu'a dit Yohan Lachor à l'arbitre pour se faire expulser mais c'est à la 90e minute, c'est rageant. On va continuer de jouer comme ce soir et on verra en fin de saison si on se maintient", lâchait Bédénik.
Se maintenir. Bien qu'utopique, le mot est lancé. Avec 9 points de retard sur Nice, premier non relégable, les joueurs de Laurent Guyot sont désormais partis pour une improbable course à leur survie. S'ils parviennent à reproduire le même type de prestation que face aux rhodaniens, Jean-François Bédénik peut encore croire au miracle. Cela commence dès samedi, avec le déplacement à Nancy.

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