![]() Contre Monaco, Laurent Blanc a ménagé Yoann Gourcuff. Le meneur de jeu devrait être frais pour l'Olympiakos. (Reuters) |
Blanc annonce la couleur15/03/2010 à 08h40 - Bordeaux |
Il fallait trancher et Laurent Blanc l'a finalement fait. Alors que les Girondins de Bordeaux s'apprêtent à jouer l'Olympiakos en 8e de finale de Ligue des champions pour leur quatrième match en dix jours, le "Président" a naturellement privilégié la C1 au championnat en se privant délibérément de trois joueurs majeurs à Monaco. Et comme Lyon avant de se déplacer à Madrid, les Girondins ont décroché un résultat nul contre Monaco sur la pelouse de Louis-II lors de la 28e journée (0-0). Les Lyonnais, eux, avaient été neutralisés par l'USBCO (0-0) avant de sortir le Real à Bernabéu. De bon augure pour les Aquitains?
Malgré une meute de poursuivants à ses basques en Ligue 1, Bordeaux n'a pas forcé son talent pour revenir du Stade Louis-II où il affrontait Monaco avec un résultat vierge et nul (0-0). Matthieu Chalmé, l'arrière droit indispensable, Yoann Gourcuff, le dépositaire du jeu bordelais, et Marouane Chamakh, l'attaquant aussi bon dans les airs qu'en pivot balle aux pieds, avaient ainsi gagné le banc de touche au coup d'envoi. Fernando Menegazzo était alors chargé de prendre le couloir droit, Grégory Sertic, de prendre le jeu à son compte, et le duo Bellion-Gouffran d'animer le front de l'attaque et évidemment de la mettre au fond le cas échéant.
Dans cette configuration inédite, les Girondins n'ont guère brillé en Principauté mais ont tout de même accroché un point, un moindre mal pour une formation toujours en tête du championnat et qui compte encore un match en moins à jouer au Mans. S'il n'y a pas péril en la demeure pour le club au scapulaire, ce dernier aurait pu réaliser une toute autre affaire avec les résultats conjugués d'Auxerre à Montpellier (1-1) et de Saint-Etienne à Lyon dans le derby rhonalpin, toujours sur le même score.
Lyon en modèle?
Mais, alors que le championnat est une course d'endurance et de longue haleine où les formations encaissent des bénéfices en fonction de leur classement final, - c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens -, le 8e de finale retour de Ligue des champions contre l'Olympiakos pointe le bout de son nez, mercredi à Chaban-Delmas. Victorieux 1-0 à l'aller, les Aquitains ont pris une grosse option sur la qualification mais doivent encore porter le coup de grâce. En cas de qualification, les dirigeants du FCGB seraient ainsi assurés de toucher 3,3 millions d'euros en plus des 3 millions déjà remportés pour être sortis avec brio de la phase de poules et en tête des 16 équipes qualifiées. Un match à élimination directe ne passe qu'une fois tandis que les Aquitains ont encore tout le temps de creuser l'écart en championnat.
Et en ce début de mois de mars, il est facile de s'apercevoir que le technicien bordelais a donc grandement privilégié la Ligue des champions en se privant de ses habituels cadres, comme Lyon l'avait fait sur le pré de Boulogne-sur-Mer. Présents au coup d'envoi à Madrid, Jeremy Toulalan, Cesar Delgado, Miralem Pjanic, l'heureux buteur, et Lisandro Lopez avaient ainsi fait banquette dans le Nord avant, pour certains, d'entrer en jeu en seconde période. Avec la tête déjà à Bernabéu, les Lyonnais n'avaient pu faire mieux qu'un résultat nul (0-0).
Un calendrier ingérable, des joueurs au repos
A croire donc que le "Président" a copié Claude Puel pour réaliser peut-être une performance identique, même contre un adversaire évidemment moins prestigieux que les Merengues. Présent avec l'équipe de France pour la débâcle contre l'Espagne (0-2), Yoann Gourcuff aurait très bien pu enchaîner un cinquième match en seulement quatorze jours. Un bon moyen d'être totalement "carbo" jusqu'à la fin de saison et de se rater lors d'un grand rendez-vous. Avec un calendrier complètement déstructuré, Laurent Blanc fait par conséquent attention à ses forces vives, d'autant que le club doit aussi préparer une finale de Coupe de la Ligue, le 27 mars prochain, contre l'OM au Stade de France. Battu par Auxerre à Chaban-Delmas pendant que Lyon réalisait l'exploit dans la capitale espagnole, Bordeaux a également disputé plus d'une heure de jeu contre Montpellier à dix contre onze lors de la journée précédente. Une bonne façon également de griller les organismes avant les prochaines échéances.
Et Laurent Blanc a donc tranché en se privant délibérément de ces trois joueurs majeurs à Monaco, même si Yoann Gourcuff et Marouane Chamakh sont aussi entrés en jeu. Comme Lyon à Boulogne-sur-Mer, Bordeaux a sans doute joué à Monaco avec la tête déjà ailleurs et est revenu avec un résultat nul, comme son homologue français également engagé en Ligue des champions (0-0). Quatre jours plus tard, l'OL avait réalisé son exploit historique à Madrid. Quatre jours après Monaco, Bordeaux peut rejoindre Lyon en quarts de finale et empocher un premier pactole. Les Français espèrent évidemment que l'histoire se répétera. Laurent Blanc, lui, a tout fait pour imiter l'un de ses concurrents habituels dans le championnat de France...

Auxerre
Bordeaux
Boulogne
Grenoble
Le Mans
Lens
Lille
Lorient
Lyon
Marseille
Monaco
Montpellier
Nancy
Nice
PSG
Rennes
St-Etienne
Sochaux
Toulouse
Valencie.

