![]() Habib Beye et Aston Villa affrontent MU ce dimanche en finale de la Carling Cup. (Reuters) |
Beye: "Villa a ses chances"28/02/2010 à 09h22 - Angleterre |
A l'heure où Aston Villa se prépare à défier Manchester United en finale de la Carling Cup, Habib Beye, l'ancien capitaine de l'Olympique de Marseille, évoque le rendez-vous de son équipe pour Football.fr. Au menu également, sa difficile situation de remplaçant du côté de Villa Park, le fossé qui sépare la France de l'Angleterre, les performances de l'OM, ainsi que les difficultés de sa sélection nationale, les Lions de la Teranga.
Football.fr: Bonjour Habib, depuis votre départ de l'OM, vous avez évolué à Newcastle, puis Aston Villa aujourd'hui. Comment s'est passée votre adaptation?
Habib Beye: C'est clair que question climat, ça change beaucoup! Mais au niveau football, c'est ce que je recherchais en termes de challenge quand je suis parti de Marseille. Ça a été spécial pour moi là-bas et je suis toujours très attaché à cette région et à ce club. Le quitter comme je l'ai quitté dans des circonstances un peu particulières ça a été difficile. L'avantage, c'est qu'en rejoignant Newcastle, je retrouvais un club avec des infrastructures comparables à celles de l'OM et un stade de 55 000 personnes. L'ambiance était très chaude et passionnée, un peu comme à Marseille. Ça s'était super bien passé la première saison puisque j'ai été élu joueur de l'année dans le club et que j'étais l'un des favoris des fans. Puis la deuxième saison, j'ai été blessé plus de trois mois et demi (rupture des ligaments de la cheville) et on a été relégués en deuxième division. Après, j'ai eu l'opportunité de rester là-bas, mais Alan Shearer n'a pas été confirmé donc la donne n'était plus la même pour moi, d'où mon choix de quitter Newcastle.
Comment expliquez-vous votre situation à Aston Villa où vous êtes remplaçant?
Ça ne se passe pas trop bien en effet, je n'ai joué que dix matches toutes compétitions confondues. Il y a des saisons comme ça, même si là c'est ma première en 12 ans de carrière donc ce n'est pas facile à gérer. C'est un choix d'entraîneur. J'ai toujours été plus ou moins un joueur important dans chaque équipe ou j'ai joué. Mais le football est ainsi fait et on peut pas aller contre. Quand un entraineur fait des choix, même si on ne les accepte pas, il faut les respecter, c'est le seul maître à bord.
"Nous avons nos chances contre MU"
Votre équipe s'apprête à défier Manchester United en finale de la Carling Cup, pensez-vous qu'Aston Villa soit assez solide pour résister aux Red Devils?
Une finale reste une finale, ce n'est jamais joué d'avance. J'en ai perdu deux avec Marseille, l'une contre Paris, l'une contre Sochaux et les deux fois nous étions favoris... En championnat, Manchester nous est supérieur. Maintenant, sur un match, nous avons nos chances. On s'était imposés à Old Trafford 1 but à 0 et on a fait match nul 1-1 à domicile. Donc c'est du 50-50, même s'ils sont habitués à ces grands évènements alors que nous ne le sommes pas.
Aston Villa semble en progrès constant...
Cette année, il y a un banc de touche et un effectif qui est plus important en qualité qu'auparavant. De plus, des joueurs comme Gabriel Agbonlahor, Ashley Young ou Stuart Downing commencent à prendre une dimension importante, ce sont des internationaux et ils seront sans doute à la Coupe du monde avec l'Angleterre. Il est clair qu'Aston Villa a une très bonne équipe cette année.
"L'Angleterre et la France ne boxent pas dans la même catégorie"
Vous voyez-vous toujours à Aston Villa l'an prochain?
J'ai 32 ans, je me sens bien physiquement et je ne vois pas mon avenir sur un banc de touche. Si je ne peux pas m'exprimer en tant que footballeur à Aston Villa, ce sera ailleurs.
Vous envisagez un retour en France?
Il faut être honnête, revenir en France c'est compliqué. Sans langue de bois, aujourd'hui les salaires sont deux fois plus importants en Angleterre qu'en France. Je ne vois pas quel club français pourrait ou voudrait investir autant d'argent. Ce n'est même pas une préférence de rester en Premier League car si demain j'avais un challenge intéressant en France ou ailleurs je réfléchirais. Mais on se heurterait à un problème financier. Je connais les salaires offerts aux meilleurs joueurs français et on est très éloigné de ce que peut toucher un top joueur ou même un joueur moyen en Angleterre. La France ne boxe pas dans la même catégorie que l'Angleterre au niveau des salaires, même si ça commence légèrement à s'équilibrer avec la dévaluation du pound par rapport à l'euro ou avec les taxes.
"J'espère que Mamadou (Niang) gagnera le titre"
Vous avez été capitaine de l'OM, je suppose que vous suivez toujours les performances du club depuis votre départ?
Bien sûr. L'OM s'est installé comme une équipe de Ligue des champions. Ce qui manque, c'est un titre. Si l'équipe parvient à glaner un titre cela décomplexera tout le monde. Cela fait 17 ans que les supporters sont sevrés de titre. Pourtant, c'est une région qui le mérite vraiment. Chaque année, Marseille est attendu et chaque fois qu'un titre leur échappe la pression augmente. Je pense que cette année on a enterré l'OM un peu vite pour le titre. L'OM peut revenir car le sprint final se passera vers avril et lorsqu'on regarde sur le papier, c'est une équipe capable d'être championne de France. Je me dis que c'est peut-être l'année de l'OM. Ce serait bien pour Mamadou (Niang) qui est capitaine d'avoir un titre après 17 ans. Moi je l'ai loupé en tant que capitaine, j'espère que lui l'aura!
Vous n'êtes plus apparu sous le maillot du Sénégal depuis 2008. Avez-vous tiré un trait sur la sélection?
Tout le monde pense que j'ai pris ma retraite internationale alors que je ne l'ai jamais annoncé nulle part. Ce sont les journaux sénégalais qui ont relayé cette information je ne sais d'où. Aujourd'hui, je suis compétitif et on verra. On m'a mis en retraite internationale et j'attends que les journaux m'en sortent (rires).
"Je n'ai jamais annoncé ma retraite en sélection!"
Comment expliquez-vous que le Sénégal n'ait pas participé à la dernière CAN et ne soit pas qualifiée pour le Mondial?
Comme toujours, c'est un problème d'organisation et de management. L'équipe s'est construite entre 2000 et 2002 avec des joueurs qui ont amené l'équipe en quarts de finale de Coupe du monde. Certaines personnes qui ont fait l'histoire de l'équipe n'ont peut être pas été respectées. L'équipe a été un peu ouverte à tout le monde alors qu'une sélection ça se mérite. Moi je suis arrivé dans l'équipe en 2001, j'étais titulaire dans mon club et pourtant j'ai débuté sur le banc en équipe nationale. Il ne doit y avoir aucune star en équipe nationale. Je crois que cette équipe a été trop mélangée et négligée et qu'elle a régressé. En matière de qualité, avec les jeunes et les anciens que possède le Sénégal, on devrait être parmi les meilleures équipes d'Afrique. Je pense que les gens qui ont été mis en place dernièrement sont compétents et qu'ils savent gérer une équipe nationale. Il y a des bons jeunes qui sont capables de créer quelque chose et refaire du Sénégal un grand d'Afrique.

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